Chili : La grève n’éteint pas les feux de la révolte – 23 octobre 2019

Mercredi 23 octobre fut la journée de grève générale (424 000 personnes dans 68 manifs, selon l’Etat), et bizarrement, ce n’est pas celle où il y a le plus de choses à dire. C’est un peu comme si les grands nombres avaient rappelé au pouvoir que beaucoup souhaitent changer les choses plus profondément que les premières mesures annoncées – d’un système libéral vers un filet social pour l’adoucir, sans remettre en cause le capitalisme – et qu’il faudra certes compter sur eux, mais dans le calme. Ce qui ressort le plus, ce sont donc les demandes de démission de Piñera et surtout, surtout, le retour des militaires dans leurs casernes.

Sans détailler une fois de plus les régions et villes sous couvre-feu (qui commence cependant à être un peu allégé ici ou là comme à Concepción, 23h-4h pour cette nuit), une des nouvelles qui émerge de plus en plus est la mobilisation en territoire mapuche. A Boroa, Freire, Pelales et Boyeco, en zone rurale, se sont par exemple multipliés les blocages de routes avec des barricades enflammées, idem à Collipulli sur l’autoroute. Ce sont bien entendu des zones déjà très conflictuelles, habituées aux affrontements avec l’armée et où les sabotages contre l’industrie forestière ne sont pas rares (sans même parler de la question foncière). A Temuco, bien que la manifestation n’aie pas été autorisée par les militaires qui gèrent l’état d’urgence (contrairement à d’autres endroits), 6000 personnes se sont rassemblées Plaza Anibal Pinto en fin de matinée, et elles étaient 15 000 à défiler le soir venu. La nuit pendant le couvre feu, des émetteurs de la télévision et radio ont été réduits en cendres dans le Cerro Ñielol à Temuco. Au total, 383 manifestants ont été incarcérés dans la région (Cautín, Malleco, Villarrica) depuis dimanche, sur les 2.410 incarcérés recensés à l’échelle nationale depuis le 17 octobre par l’INDH mercredi à 22h (et 535 blessés, dont 210 par armes à feu et 20 « au pronostic vital engagé »). Parmi les jolies petites vidéos qui tournent, il y a par exemple ce groupe de jeunes contrôlés de nuit à Temuco par des carabiniers, qui se rebellent, frappent les bourreaux en uniforme et parviennent à s’enfuir après leur avoir chourré leur arme.

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Hambourg, Allemagne : Les cœurs ardents ne se laissent pas mettre sous clef, ils ripostent – 22 octobre 2019 [Actualisation, 27 octobre]

[D’après les médias, l’Audi A6 incendiée n’appartenait pas au chef de la chancellerie de Hambourg, mais à une retraitée qui est sa voisine. Pörksen avait autorisé la vieille dame de 78 ans à garer son véhicule dans l’allée menant à chez lui. Pörksen n’aurait pas de voiture, d’après les journaleux. Par ailleurs, les flammes ont détruit une autre voiture, une Audi A1, qui appartenait à un médecin.]

Le 22 octobre 2019, dans l’allée menant au terrain situé au 49 de la rue Tornquiststr. dans le quartier Eimsbüttel de Hambourg, là où habite le chef de la chancellerie du sénat hambourgeois, Jan Pörksen, nous avons incendié une grosse Audi. Il y avait une distance de sécurité suffisante jusqu’à la maison, personne n’a été mis en danger.

Nos cœurs affamés frappent plus vite car de Glücksbourg à Munich, de Wuppertal à Zwickau, l’arrestation des trois du banc public début juillet a été considérée comme une attaque contre les structures combatives à Hambourg et en Allemagne et une réponse solidaire y a été apportée. Les cœurs ardents font crépiter une pluie de feu sur les véhicules et bâtiments du régime carcéral, de la police et des gardes de sécurité, des multinationales et de « l’économie du logement ». Hambourg a mis un certain temps à se mettre en route, mais en septembre et en octobre c’est reparti avec les attaques contre le poste de police de Volksdorf, SPIE, Steg et d’autres acteurs de la gentrification.

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Rennes (Ille-et-Vilaine) : Quand on dit que tout le monde déteste la police …

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Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) : Du coeur à l’abattage – 21 octobre 2019

Lundi 21 octobre 2019 vers 21h, une quinzaine de jeunes s’en est prise à un mât sur lequel était perchée une caméra de surveillance. Le groupe est parvenu à le faire tomber au sol.

Les opérateurs du centre de supervision urbain (CSU) ont assisté en direct à toute la scène et ont envoyé un patrouille de flics sur les lieux. Les uniformes ont été accueilli par des jets de pierres qui malheureusement n’ont fait ni dégât ni blessé du côté des bleus.

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Berlin, Allemagne : Deux DAB cramés en solidarité avec les trois du banc public – 19/20 octobre 2019

Ce week-end auront lieu les journées anticarcérales à Berlin. Comme expression pratique et pour exprimer notre lien avec tou-te-s les prisonnier-e-s de ce monde d’exploitation et d’oppression, des marchandises, de l’argent et de la propriété, la nuit dernière nous avons cramé deux DAB. 

L’exploitation traverse chaque créneau, chaque geste humain, nos parcours et notre comportement quotidien. Nous sommes pris-e-s là dedans. Nous exprimons notre penchant pour les marchandises ou nous consommons lorsque nous ressentons de l’ennui ou de la tristesse. Autour de nous gronde le vrombissement de la ville capitaliste, dont les gestionnaires et les gardien-ne-s de l’ordre ont pour mission de maintenir le cours bien huilé de la misère. Et quelque part dans ces villes et à leurs frontières, derrière des murs, des miradors et des barrières se trouvent celles et ceux qui dans ce système sont déclarés prisonnier-e-s, autres, pour nous faire croire que nous serions libres ici. C’est par la peur, la menace, la brutalité que les dominant-e-s tentent de nous faire rentrer dans la norme et de nous pacifier et beaucoup souscrivent à ces rapports, transforment la mise aux normes en normalité.

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Grenoble (Isère) : Récit des perquisitions et interrogatoires du 22 janvier 2019 suite aux incendies de casernes de gendarmerie

Le 22 janvier 2019 au matin, 4 perquisitions ont eu lieu chez des camarades des milieux anarchiste et féministe de Grenoble. Elles ont été menées dans le cadre d’une enquête sur les incendies des gendarmeries de Grenoble et Meylan survenus en septembre et octobre 2017.

Un appartement squatté, un appartement loué et une maison squattée à Grenoble aini qu’un local associatif à Fontaine ont fait l’objet de recherches plus ou moins poussées.
L’effectif présent était d’une vingtaine de gendarmes, de policiers, du psig (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie), d’officiers de police judiciaire et de sections de recherches dans chaque lieu.

Ce texte a pour but de raconter en détail les perquisitions qu’ont subies les camarades et les questions qui leur ont été posées.

D’abord, il a été assez compliqué d’avoir accès aux commissions rogatoires. Les flics ne laissaient pas le temps de lire la commission en entier et aucune copie n’a été obtenue suite à la perquisition. Les commissions rogatoires concernaient des personnes et non des lieux. Toutes les personnes perquisitionnées l’ont été en tant que témoins* dans l’enquête pour « la manifestation de la vérité » comme ils disent ! Elles ont été interrogées sur place mais personne n’a été fouillée ni embarquée. On pense qu’elles ont été entendues en audition libre. Pour la plupart d’entre elles, les camarades n’ont rien déclaré.
Les véhicules des personnes nommées ont aussi été perquisitionnés. Les fouilles des véhicules ont été rapides et n’ont donné lieu à aucune saisie.

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Berlin, Allemagne : Attaque de banque, de locaux du parti de la CDU et d’acteurs de la gentrification – 21/22 octobre 2019

Revendication des attaques de permanences de la CDU et d’une banque (Berlin/Athènes)

Le 22 octobre, nous avons attaqué à coups de pierres et de marteaux :

les permanences de la CDU dans les quartiers de  
– Wilmersdorf, rue Zähringer
– Prenzlauer Berg, rue Lychener
– Schöneberg, rue Kolonnen

ainsi qu’une banque  
– filiale de la Caisse d’Épargne sur la place Anton Saefkow dans le quartier de Hohenschönhausen

Tout comme à Athènes, les politicien-ne-s, les partis, les flics et leurs perroquets de la presse pointent certains endroits de Berlin, qu’ils stigmatisent en tant que „zones dangereuses“ et „lieux criminels“ afin de légitimer la terreur des hordes armées.

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Chili : Détruire ou réformer l’existant – 22 octobre 2019

Mardi 22 octobre (cet aperçu est écrit avant la journée de grève générale de mercredi) dans un Chili toujours sous état d’urgence, les affrontements, pillages et incendies n’ont pas cessé, s’étendant à d’autres villes encore et provoquant en retour une nouvelle extension du couvre-feu par les militaires (concernant désormais 75% du pays). Dans un des épicentres de la révolte, Valparaíso et sa région, il est le plus étendu, dès 18h et jusqu’à 5h30 du matin. Il commence à 20h à Antofagasta, Calama, Tocopilla et Mejillones, à Copiapó et Caldera, à La Serena et Coquimbo, dans le Grand Santiago, à Racangua et Orsono, à 21h à Talca Valvidia et Puerto Montt, et à 22h à Arica, Iquique et Alto Hospicio (jusqu’à 6h).

Même si certains dinosaures marxistes blablatent à foison depuis quelques jours sur la « composition de classe » du mouvement de révolte chilien et la place occupée par le « lumpenprolétariat et les sous-prolétaires » (!) en son sein, force est de constater que leur sujet politique préféré, les « travailleurs organisés » ne brillent pas par leur nombre lors des cacerolazos en journée (à l’exception des profs… puisque nombre d’écoles sont fermées) et des destructions nocturnes. C’est bien entendu parce qu’ils continuent de se rendre au travail jour après jour avec un couvre-feu aux horaires qui s’adaptent peu à peu aux besoins de l’économie (fin abaissée de 6h à 5h du matin dans plusieurs villes et à 4h à Santiago), au moins tant que les cogestionnaires syndicaux de l’exploitation ne les appellent pas à faire grève pacifiquement comme il est prévu mercredi et jeudi. Pendant que tous ces honnêtes gens qui répugnent à aller se servir directement sont au turbin (à l’exception des dockers qui ont fait grève lundi) les jeunes, les plus pauvres et leurs complices se rassemblent heureusement en journée dans la rue malgré l’état d’urgence pour faire face aux militaires (carabiniers et soldats). Ils s’en prennent courageusement à eux au risque des tirs de balles (en gomme, en caoutchouc, à billes de métal, ou même à « balles réelles » lors du couvre feu), montent des barricades de fortune, pillent et détruisent la marchandise. Malgré les fantasmes politiques, on n’est pas (encore ?) en présence d’une « insurrection généralisée« , ni qualitative ni quantitative, mais d’une minorité de la population qui se bat sans répit contre la condition qui lui est faite, même si on peut remarquer ici ou là de fortes mobilisations mardi, comme à Concepción où 50 000 personnes ont défilé (sur 220 000 habitants dans la ville). Au-delà de l’illusion des grands nombres qui font la force, il est évident au Chili comme ailleurs qu’une insurrection ce n’est en tout cas pas une concentration pacifique du plus de personnes possibles : c’est un double processus diffus et violent, à la fois d’expropriation et de destruction de l’existant, souvent minoritaire, comme certain.e.s ont commencé à le faire sans attendre personne depuis ce week-end. Un mouvement réel qui peut soit être rejoint par une multiplication des ruptures de la normalité – du travail saboté, de l’école désertée, de la propagande d’Etat silenciée, des institutions incendiées, de l’arrêt de la dévastation du territoire comme celle en territoire Mapuche… – à travers l’action directe, des blocages et des occupations, soit être étouffé par la répression, la revendication et une reconfiguration différemment identique de l’ordre (y compris sous forme de contre-pouvoir populaire).

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Argentine : Un regard anarchiste et révolutionnaire – Au sujet du rassemblement émeutier devant le consulat chilien – 21 octobre 2019

[Lundi 21 octobre, des centaines de personnes se sont rassemblées devant les consulats du Chili à Buenos Aires et à Mendoza [1]. Dans la capitale, des centaines de personnes ont tenu à manifester devant le consulat chilien situé Av. Presidente Roque Sáenz Peña, afin de montrer leur solidarité avec la révolte en cours dans le pays voisin. Parmi les manifestants, il y avait beaucoup de membres d’organisations de gauche et d’extrême-gauche, mais aussi des anarchistes et anti-autoritaires qui ont donné de la voix et pris à partie les portes-paroles de la domination que sont les journalistes, bien collants et agressifs. Ces laquais de l’ordre ont été chassés aux cris (entre autres) de “la presse bourgeoise ne nous intéressent pas”: un chroniqueur et deux caméramans ont été blessés. Un des journalistes dégagés, travaillant pour Crónica TV, a parlé d’un “groupe d’infiltrés qui a crié “Mort à l’Etat””. Des poubelles ont ensuite été incendiés (13 containers), du mobilier urbain retourné, des caméras de surveillance détruites et les flics antiémeute attaqués à coups de projectiles et de bombes incendiaires. Les organes de presse parlent de 6 à 11 arrestations à la suite des affrontements pour “violences et dégradations” principalement. Ci-dessous un texte de compagnon.ne.s anarchistes au sujet de ce rassemblement émeutier et solidaire]

ARGENTINE: à propos des « incidents » devant le consulat chilien à Buenos Aires le 21/10. Un regard anarchiste et révolutionnaire.

De nouveau, le spectacle médiatique hausse sa voix indignée, on parle d’infiltrés, de kichnerisme et de la gauche, de n’importe quel sujet permettant de détourner l’attention du conflit, les excuses abondent en vue des élections, encore les maudites élections, mais jamais la rebellion, jamais la liberté, nous le savons tous et toutes, de l’autre côté de la cordillère ils sont en train d’assassiner nos compagnon-ne-s, les rebelles qui affrontent policiers et militaires les visant directement avec les fusils et mitraillettes qu’ils ont à disposition, ils et elles font le choix d’ériger des barricades, de prendre des pierres, de l’essence et de se masquer.

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Lyon : Saboter le tram-tram quotidien – 22 octobre 2019

Mardi 22 octobre 2019 vers 20 heures, un sabotage ferroviaire a paralysé les transports à Lyon. Ce sont les lignes du tramway T3 et T4 ainsi que la navette Rhônexpress qui ont été coupés. La ligne T4 n’a pu circulé que sur une portion de ligne (d’Archives à Hôpital). Les stations de Part-Dieu Villette à La Doua n’ont plus été desservies. Le trafic à vitesse réduite n’a pu être rétabli que ce mercredi 23 octobre en fin de journée.

Cette interruption du trafic est lié à un sabotage incendiaire qui a eu lieu à Meyzieu: une armoire de  différents câbles électriques permettant le fonctionnement du tramway, a été incendiée en début de soirée.

Cet incendie a entraîné de nombreux dégâts sur les câbles électriques. Selon TCL, plusieurs postes sont touchés : « systèmes de signalisation ferroviaire, alimentation électrique haute tension alimentant la ligne aérienne, et basse tension commandant tous les équipements : commande des 25 intersections barriérées, localisation des rames, bornes d’information voyageurs, distributeurs, etc.« 

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