Kiev, Ukraine : Attaque incendiaire des bureaux de la police criminelle – 10 juin 2020

Dans la nuit du 10 juin 2020, le bâtiment du Service aux enquêtes criminelles de la police (situé à Kiev, 25 autoroute Naberezhne) a été attaqué au cocktail Molotov.

L’autre jour, des faits épouvantables nous sont parvenus de Kaharlyk, en Ukraine, où, dans la nuit du 24 mai, des policiers ont agressé et violé une femme qui avait été citée à comparaître comme témoin. Les détails, à savoir que les policiers lui ont mis un masque à gaz, l’ont menottée et ont tiré au-dessus de sa tête avec leurs armes de service, ont fait le tour du pays.

Le même genre d’infos nous arrive de l’autre côté du Dniepr, où les policiers qui ont tué un garçon de 5 ans à Pereïaslav-Khmelnytskyï [1] ont été libérés sous caution.

Depuis le début du confinement, la police a inondé les rues de Kiev. La surveillance et la pression policière se sont intensifiées, les contrôles injustifiés sont devenus plus fréquents. Comme la conduite de la police dans le quartier de Podil à Kiev : contrôles avec fouilles des passant.e.s sous des prétextes fallacieux, sollicitation de pots-de-vin, passages à tabac dans les commissariats.

Ces épisodes ne sont que des détails d’un grand puzzle. Prétendre « réformer la police » demeure une perte de temps totale, car la police est un instrument de violence aux mains de l’État. Elle est criminelle en soi, tous les méfaits de ses fonctionnaires ne sont que des manifestations extrêmes de son monopole de la violence.

De par notre action, nous giflons la police en pleine face. Nous appelons la société et toute personne, afin que tout le monde se joigne à cet effort, celui de ne pas rester indifférents, de s’organiser et de résister activement. Les habitant.e.s de Minneapolis aux États-Unis  nous montrent l’exemple : en réponse au meurtre raciste d’un homme noir par un policier brutal, elles/ils ont lancé une véritable guerre de rue contre les oppresseurs de l’État et les sadiques en uniforme.

La société peut se protéger à la fois contre le crime et contre la police. Cela nécessite de la détermination, de l’entraide et de l’auto-organisation – le développement d’institutions d’auto-gestion et de milices populaires.

Nous encourageons tout le monde à agir pour que toutes les atrocités de la police et de l’État ne restent pas impunies !
Nous appelons aux armes !

Des courageux


Mise-à-jour. Les médias ukrainiens et la police ont été contraints d’admettre que l’attaque de l’immeuble abritant le service aux enquêtes criminelles avaient eu lieu dans la nuit du 10 juin 2020. Selon plusieurs reportages, l’incendie aurait détruit au moins un bureau de l’immeuble et gravement endommagé quelques autres. Des journaflics ont relié cette attaque incendiaire au meurtre de Pavel Sheremet (le garçon de 5 ans mentionné dans le communiqué).

[Traduit de l’anglais de A2Day]

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NdT:
[1] Pavel Sheremet, 5 ans, assassiné par les sbires en uniforme de l’Etat dans cette ville située à une cinquantaine de km au sud de Kiev, sur la berge gauche du Dniepr.

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