Hambourg : Feu pour Telekom. Salutations aux personnes en prison et en cavale
Nous pensons à vous.
À vous qui avez dû tout laisser derrière vous pour échapper aux griffes de l’État. Nous pensons à la peur que vous avez dû avoir lorsque vous avez compris que quelque chose clochait et que leurs limiers étaient sur vos talons. Aux maux de ventre et au pouls qui s’accélère lorsque vous avez dû quitter, avec ou sans bagages, votre environnement familier et votre chez-vous pour chercher involontairement refuge dans un avenir incertain. Aux coeurs brisés, que vous et vos êtres chers, vos familles et ami-e-s portez en vous.
Et à vous aussi, qui avez été pris. Qui ne pouvez regarder le monde qu’à travers des barreaux dans la cour grise entourée de murs. Dont la vie se compose du cliquetis des clefs des horribles maton-ne-s et de leur froideur bureaucratique. Où le contact avec les êtres chers est limité dans le temps et se déroule sous les yeux des ennemis de la liberté.
Vous et votre histoire êtes avec nous quand nous agissons.
Lorsqu’on considère le monde et ses contraintes visibles et invisibles, il est difficile d’échapper à l’impuissance. L’absence d’espoir dans le fait de secouer les rapports existants, sans même parler de les changer, semble trop souvent infiniment difficile. Pourtant, lorsqu’on parvient à échapper à leur apparente suprématie et à faire un pas vers l’attaque, on remarque que l’on ne peut éprouver un sentiment de liberté qu’en détruisant ce qui dérobe la liberté.
Ce vendredi matin (24 janvier 2020), une équipe de 4 policiers ont abattu Maria dans son appartement. Dans la presse on affirme qu’elle aurait été menaçante. Elle était alors seule dans sa chambre et les quatre policiers avaient fracturé la porte. Peu de temps après, elle s’est pris une balle qui lui a été fatale. Maria souffrait de sclérose en plaque et pesait environ 45 kilos.
Dans la nuit du 27 au 28 janvier, la devanture de la permanence de campagne de Thomas Chazal, maire (LR) sortant de Vigneux-sur-Seine, a été vandalisée. Deux individus, au moins, s’en sont pris à ce local situé place Anatole-France, en face du marché couvert de la commune, et inauguré le 15 janvier dernier. […] Le maire sortant a notamment déclaré : « Les impacts sur la vitre montrent que ces personnes ont utilisé un outil spécifique. Ce n’était pas improvisé. Malheureusement, le quartier n’est pas encore équipé en caméras de vidéosurveillance ».
Six sans-papiers originaires du Maghreb, retenus au CRA dans l’enceinte de la caserne Auvare, située à l’est de Nice, sont parvenus à se faire la belle ce samedi 25 janvier, vers 1 heure du matin.
« Elles sont de plus en plus nombreuses à Toulouse et ne font pas l’unanimité ». Elles, ce sont les caméras qui prolifèrent partout pour ne laisser aucun espace sans surveillance.
Le bâtiment de la Mission Saint-Luc, situé rue Charles-Le-Moult à Brest, a été pris pour cible dimanche 27 janvier 2020. Des slogans tels que « Jésus est né d’une PMA » ou encore « L’obscénité c’est notre vie » ont été tagués sur la façade et de l’huile de vidange projetée sur les portes. Les serrures ont également été sabotées.
Dans la nuit du 23 au 24 janvier, le local de campagne de Fouad Ben Ahmed, candidat du parti socialiste aux élections municipales à Bobigny (Seine-Saint-Denis), a été incendié.
Dans la nuit du 26 au 27 janvier à Roubaix (Nord), l’agence de la BNP en face de l’Hôtel de Ville s’est pris des coups aux alentours de 00h30, et un gros impact est visible sur la porte d’entrée en verre.
Ces dernières années, la mairie de Barcelone et le gouvernement de la Généralité [de Catalogne] ont lancé un nouveau projet de construction d’un nouveau complexe carcéral à la limite de la ville de Barcelone, concrètement dans le quartier de Zona Franca, jouxtant la localité de El Prat de Llobregat. Dans ce quartier partagé entre habitations et usines se trouve également le centre de rétention, étrange euphémisme pour ne pas dire clairement ce que c’est : une prison uniquement destinée aux personnes migrantes ayant les poches vides.