Personne n’ignore les résultats des élections du premier tour des présidentielles. Pour nous cela n’est pas essentiel. Certes, que des millions de personnes se déplacent encore pour aller voter témoigne que nous vivons encore dans une société composée en bonne partie de citoyen-ne-s obéissant-e-s, et pas, hélas, d’individus libres. Mais comment cela pourrait-il nous étonner sachant qu’un panel d’institutions – à commencer par l’école – s’acharne, années après années, à reproduire cette créature. Certes, que la majorité d’entre eux aient donné leurs voix à un ex-banquier (et véritable messie du capitalisme qui vient) et à une infâme (démagogue populiste jouant sur la haine et le ressentiment qui animent bon nombre de nos contemporains) nous rappelle que nous n’avons véritablement rien à partager avec ces gens-là. Et témoigne, tristement, de ce à quoi peuvent mener la résignation, le chacun-pour-sa-pomme, l’identification à la communauté nationale, le renoncement à tout espoir révolutionnaire, l’effacement de la mémoire historique… Rien d’étonnant donc. Mais laissons le pessimisme à plus tard.