L’objet de cet article n’est pas d’analyser le mouvement des Gilets Jaunes, mais plutôt de montrer à quel point certains révolutionnaires sont prêts à accepter et défendre n’importe quelle composition, quitte à répandre l’idéologie de ce monde autoritaire, à défendre ses forteresses et monstruosités.
Les frontières, le travail, la prison et le manque de solidarité face à la justice et la répression qui en découlent, ne sont absolument pas remis en question au sein de ce mouvement. Après tout, chaque parti(e) de ce mouvement, des fachos à l’extrême-gauche, défendront les leurs au sein de ce mouvement fourre-tout, au sein duquel les personnes isolées ne recevront aucune forme de soutien ou de solidarité. Sauve qui peut, comme dirait l’autre. Toutes ces abominations de ce monde sont même renforcés par une grande majorité des parti(e)s qui le composent. Et pas uniquement de la part de celles/ceux qui remplissent les rangs des fascistes et de la Réaction, des conservateurs ou des bonnes gens, des petits patrons qui voient désormais trop d’injustice fiscale ou autres beaufs sexistes et homophobes. Certains révolutionnaires qui se disent invisibles nous gratifient d’une apologie de la taule, comme en atteste la publication du tag « Macron en prison » réalisé à Paris le 8 décembre, ou encore d’une affiche des « militants » de la Plaine à Marseille, qui proclame « Gaudin aux Baumettes ». Ces deux exemples sont tirés du site proto-appelliste « la rue ou rien ».
En l’espace d’une nuit de décembre, il y a eu des actes de vandalisme contre des banques et des DABs. Trois banques ont eu leurs serrures engluées, deux banques se sont vu taguer le message « Logement pour tou.te.s » sur leur façade et trois distributeurs de billets sabotés à la glue. Ces actes ont été réalisés parallèlement à la lutte menée pour le logement à travers toute l’Irlande.
Dans la nuit de dimanche à lundi 3 décembre, un incendie s’est déclenché au tribunal d’Instance de Montreuil peu après 2h. Les pompiers sont venus à bout des flammes une heure et demi plus tard. D’après les enquêteurs, l’origine du feu est volontaire, puisque « des traces d’hydrocarbures ont été trouvés ». Un bureau et l’escalier de service de ce bâtiment centenaire, construit en 1905, ont été endommagés, ainsi que le circuit électrique, qui ne fonctionne qu’en partie.

En plein mouvement des « gilets jaunes », ces deux dernières semaines ont vu émerger des émeutes, à Paris mais pas seulement, ainsi que divers sabotages. Dès lors, un certain nombre d’anarchistes se sont posés la question de l’intervention au sein de ce mouvement, de la même manière que, depuis toujours, ils interviennent au sein des différents mouvements sociaux. Cependant, si habituellement cette intervention semble aller de soi, il ne nous semble pas anodin qu’ici cela ne soit pas autant le cas et que la question fasse débat. Comme le signe que quelque chose sonne faux.
Ce lundi 10 décembre, le mouvement lycéen entame sa deuxième semaine de blocus et d’affrontements.