Il était une fois un train qui transportait vers l’aéroport beaucoup de personnes, qui partaient en vacances ou au travail.
Le train passait à côté d’un camp où étaient incarcérées des personnes dépourvues des papiers en règle. Ces personnes étaient souvent transportées de force vers ce même aéroport pour y être déportées.
C’est ainsi qu’une nuit humide de printemps, une étoile décida de filer* près de ces voies pour rappeler à quelques humainxs que le lieu où le train emmenait chaque jour les désirs des plus riches était aussi celui du
cauchemar de ceux qui étaient nés du mauvais côté du monde.
Deux jeunes gilets jaunes pourtant bien masqués qui avaient participé le 9 février à Lorient à l’émeute (« jets de pavés et de bouteilles » sur les flics) ont été interpellés plus de trois mois plus tard mardi 21 mai.
« J’aime le feu, mon cher seigneur. Non par la raison triviale que le feu réchauffe nos pieds ou cuit notre soupe, mais parce qu’il a des étincelles. Quelquefois je passe des heures à regarder les étincelles. Je découvre mille choses dans ces étoiles qui saupoudrent le fond noir de l’âtre. Ces étoiles-là aussi sont des mondes »
22 mai 2019, Berlin : un véhicule de la police fédérale, garé dans la Schöneberger Str. à Kreuzberg, est réduit en cendres vers 04h20. Les flammes ont entièrement détruit le fourgon de type ‘Mercedes Sprinter’, ainsi que deux autres voitures garées à côté : il s’agissait d’une BMW et d’une Volkswagen.
On se souvient encore avoir écumé les assemblées, les rues furieuses, les blocages, les places occupées. On se souvient s’être plongé.e.s dans les affiches, les tracts et les journaux. Nous étions candides, de mots et de rencontres, avides et impatientes d’en découdre avec ce monde qui nous a vus naître et qui nous fait crever chaque jour un peu plus. Biberonné.e.s par la moral de classe, on avait approché travailleurs et travailleuses. N’étaient-iels pas antologiquement nos alli.é.e.s ? On rêvait Haymarket alors que pour la plupart c’étaient pouvoir d’achat et bonne retraite. On voulait foutre le feu, iels voulaient trimer mieux. On était trop rétives au travail pour ne pas déchanter au contact des exploité.e.s. Ce texte est l’écho lointain des incendies nocturnes du 14 et du 16 mai. Ce sont des attaques contre le travail, bien sûr, mais aussi contre celleux qui contribuent à ce que tout ça perdure.
Après l’expulsion de la maison occupée « Fabrikool » mardi 14 mai à Berne, des dizaines d’individus ont rendu les coups à l’État et ses structures dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 mai.
Ce samedi 18 mai, entre 1000 et 2000 personnes (dont 80 à 100 black blocs selon la préfecture) ont manifesté à Reims à l’appel national des « gilets jaunes ». La manif, qui n’était pas déclarée en préfecture, a très vite été débordée par des enragés. Des dizaines de vitrines de banques, d’agences immobilières, de magasins et même de repaires de journaflics ont volé en éclats.