La rage est grande et parfois il suffit de peu pour la changer en feu.
La rage et le feu, marchant l’une à côté de l’autre, n’attendent pas des journées de grosse mobilisation pour se manifester, ils frappent équitablement riches et pauvres, comme cela est arrivé lors du G8 de Gênes ou le G20 de Hambourg, et en ces moments-là ils montrent leur meilleur visage.
Feu et rage agissent, tout simplement ; ils ne préparent pas le terrain pour la révolution, ne sont pas à la recherche de disciples parmi les masses, ils regardent avec tristesse une société qui n’a plus rien à demander à son existence.
Dans l’affaire de l’incendie de la voiture de flic Quai de Valmy, jugée en septembre dernier, deux personnes restaient en détention.
Le sabotage est le moyen adapté pour détruire la façade de l’autorité. Là où les agences de gardiennage sont occupées à assurer eux-mêmes leur sécurité et retrouvent ensuite leurs outils de travail en ruines, leur pouvoir est remis en question de manière visible et nous encourage à continuer à enfreindre les règles.
Dans la nuit de samedi 18 à dimanche 19 novembre dans la région de Namur, plusieurs dizaines de câbles ont été sectionnés à Tamines et à Gosselies au sein des bâtiments de l’entreprise de télécoms « Proximus ».
En début de semaine à Besançon, les automobilistes passant sur la rocade ont pu voir deux messages contre ce monde d’aliénation et d’exploitation. Un qui disait dans un sens « Grève générale » et l’autre dans le sens inverse « Tout le monde déteste le travail : grève, blocage, sabotage ! ». La veille de la manif du 16 novembre, une petite visite a été rendue à la permanence du député Eric Alauzet [cf ci-dessous]. Puis peu après la balade de santé syndicale, ça a été au tour d’une agence immobilière « Foncia » de se faire défoncer à coups de pavés. Pas de chance pour elle, ça ne faisait que quelques semaines qu’elle venait d’ouvrir.
Il y a quelques nuits à Besançon, peu après les cérémonies du 11 novembre organisées par les grands bouchers de l’Etat, la chapelle de la Fraternité Sacerdotale St-Pie X a repris des couleurs. Ce sinistre édifice a été aspergé de peinture rose et un tag disant « Qu’ils soient de Dieu ou de l’Etat, à bas tous les soldats » a été inscrit sur la façade. La serrure de la porte a par ailleurs été sabotée à la colle.
Dans la nuit de lundi à mardi 14 novembre, la permanence de la députée « En Marche » de Besançon, Fannette, a une nouvelle fois été recouverte de tags « d’inspiration anarchiste ». On pouvait lire sur la façade « Ni patron ni Macron » ou encore « Insurrection (A) ». Il y a un mois, cette même permanence, située dans une impasse et dans la discrétion la plus totale [1], avait déjà été la cible de tags et pourri avec une substance marron: « En marche, les 2 pieds dans la merde », « A bas la démocratie » ou encore « Mort au roi ».