Entretien avec quelques militant·e·s au sujet de la coordination informelle en prévision du G20
Traduction d’un article publié dans Rauch-Zeichen, Worte und Taten gegen die Welt der G20, brochure allemande sortie cet automne.
« Moin, Moin ! » [1] Fin de l’été 2016, plusieurs communiqués appellent à une coordination d’actions directes en vue du sommet du G20 à Hambourg. Vous y avez participé. Quelles étaient vos intentions et quelles perspectives offraient cette démarche pour vous ?
Chuzpe :
Il y a déjà eu, lors de différents grands événements des propositions similaires et des campagnes d’actions directes, comme lors du G8 d’Heiligendamm en 2007 ou dans le cadre de la Destroïka en amont de l’ouverture de la Banque Centrale Européenne en 2015 à Francfort. L’idée n’est pas très nouvelle. Partant d’une analyse anarchiste, je vois la nécessité d’une conflictualité permanente et je suis sceptique avec la mise en scène du théâtre politique, où chacun·e joue le rôle qui lui est attribué. À travers la focalisation sur un tel événement, les luttes quotidiennes sont souvent mises à l’écart. Mais en même temps, j’y vois aussi la possibilité que s’ouvre dans ces moments un terrain de tension, dans laquelle la portée de nos interventions peut s’amplifier. Pour cela, je trouve qu’un point de polarisation sur la pratique d’actions directes qui s’ancrent dans des luttes locales et se font référence les unes aux autres est une bonne méthode pour dissoudre cette contradiction et pousser à un processus dans la durée. Dans le même temps, la pratique d’actions directes dans la mobilisation donne aussi la possibilité de montrer cet outil de lutte, ce qui peut inspirer et motiver d’autres gens.
Dans la soirée du 15 décembre, un compagnon a été arrêté à Schilderswijk à La Haye. Il a été arrêté pour avoir prétendument diffusé un tract au sujet de l’affaire de Mitch Henriquez. Il est accusé « d’incitation à l’émeute » et sera donc placé en garde-à-vue cet après-midi. Il est pour le moment détenu au commissariat de De Heemstraat.
Lundi 18 décembre 2017, les flics de la commission spéciale « Black bloc » ont tenu une conférence de presse sous les projecteurs des médias afin d’annoncer de manière officielle que la chasse à l’anti-G20 est ouverte. Ce n’est rien d’autre qu’un appel public à la délation. Pour cela, ils ont mis en ligne sur leur site des photos et vidéos de personnes soupçonnées d’avoir pris part aux émeutes du G20 à Hambourg. Ils font ainsi recours à des auxiliaires de police bénévoles pour identifier d’éventuels protagonistes de 100 délits commis durant ces trois journées de révolte. Sur son site, la police d’Hambourg regroupe les personnes recherchées en cinq domaines d’enquête : « Rondenbarg ; Elbchaussee [1] ; Welcome to Hell [2] ; Pillages et jets de bouteilles ». A ce jour, jamais l’Etat fédéral allemand n’avait mené de chasse à l’homme publique d’une telle ampleur.
Nous apprenons des journaux locaux que vers 21h30, ce jeudi 14 décembre à Rome, un véhicule de police garé devant le commissariat Via Ruffini a été endommagé par une bouteille incendiaire jetée par une personne encapuchée qui a pris la fuite en scooter.
A Besançon, les cadeaux aux riches du père Fousseret, ce n’est pas qu’à Noël qu’ils tombent, mais toute l’année ! Par ses projets mégalo, les géants de la construction (Vinci, Eiffage…) et promoteurs immobiliers (SMCI, Nexity, ICADE, etc…) se gavent, tandis que pour les pauvres, c’est expulsion, harcèlement et matraquage policier, prison ou morgue
Pas de paix avec la sécurité intérieure – Pas de paix avec le service d’aide au retour – 
Dans la matinée du 10 décembre à Santiago, deux engins explosifs ont été retrouvés dans deux sièges de partis politiques : le premier a été placé dans les locaux du parti radical au centre-ville. Le deuxième engin a été découvert quelques minutes plus tard au niveau d’une fenêtre du siège du parti socialiste de la rue Paris 873. Après avoir désactivé le premier engin au siège du parti radical, le GOPE (police criminelle) s’est attelé à désamorcer ce deuxième engin, qui aurait des caractéristiques similaires quant à sa confection. Le président du parti socialiste a annoncé qu’il porterait plainte après une réunion avec le ministère public et qu’il renforcerait les dispositifs de sécurité dans les locaux du parti. Ces deux attaques ont été revendiquées dans un communiqué, retranscrit ci-dessous.
Nous vivons dans un monde où tous les aspects de nos vies sont cerné par le système technologique. Les relations sociales qui se créent à travers les ordinateurs et les téléphones mobiles sont très éloignées de la vie réelle. Chacune d’entre nous est surveillé quotidiennement dans chaque coin de la ville par des caméras, localisées via le signal émis par nos téléphones mobiles, et archivées par les empreintes digitales et les échantillons d’ADN. Cette conception vise à transformer chaque personne en un numéro enregistré dans une base de données afin qu’il soit un pion prévisible et sûr du système pourri.
Avec joie, nous avons appris des médias, qu’après les incendies de septembre et d’octobre dernier, il y a eu une nouvelle explosion de rage des retenus au CPR de Caltanissetta « Pian del Lago » [1] pour briser l’isolement et le silence autour de ce camp. Dans la soirée de samedi 9 décembre, quelques prisonniers ont incendié des sections du camp, probablement pour s’opposer à une expulsion imminente.