Il n’y a pas de grandes réflexions à faire sur un épisode répressif, après tout il s’agit là simplement de la répétition cyclique de l’action et de la réaction. Ni même à quel point la répression joue à un jeu tordu – fait bien connu. A la limite quelques notes marginales sur le développement de ses techniques et stratégies.
C’est ce que j’essayerai de faire ici. A plus d’un an des arrestations, alors que le procès a déjà commencé, une brèche s’est ouverte dans la chape de plomb de la censure et les dossiers judiciaires dévoilé, dans la complexité de leur misère, après le bref article dans le dernier numéro de Croce Nera sur les développements récents entre la clôture des enquêtes et l’audience préliminaire.
Avant toute évaluation, cependant, je voudrais simplement réitérer ma fierté de l’anarchie et celle des anarchistes qui m’ont permis de me nourrir d’actions solidaires, de textes, de colère rebondissant en dehors des portails, de prison en prison, montrant à nouveau combien la tension anarchiste est vivante, actuelle et capable de se moquer des catégories en sautant les barrières que la répression voudrait lui imposer et en se débarrassant du lest de la peur et du mythe du consensus.
J’ai toujours pensé que l’anarchie est une affaire sérieuse, si elle est pratiquée par des femmes et des hommes dotés de raison et d’instinct, quelque chose qui – quand elle se trouve enfermée dans des cages et sous pression de la domination – se retourne et fait de ses faiblesses une force qu’ils aimeraient instiller. Nous sommes là pour cela, dans un jeu de dés interminable entre l’autorité et sa négation.
Dans la nuit du 2 au 3 avril 2018, l’agence du bailleur social Actis, située cours Jean-Jaurès à Grenoble, a reçu une visite fracassante aux alentours de 2h du matin: 9 vitres de la devanture et deux autres de la porte d’entrée ont été fracassées, l’éclairage extérieur dégradée et deux tags inscrits sur la façade (dont le symbole squat).
Université de Bourgogne, Dijon: entre le mercredi 28 mars et le mercredi 4 avril, il y a eu plusieurs occupations de salles et d’amphis, ainsi que des blocages de bâtiments sur le campus: la Maison de l’Université et deux salles du campus ont été occupées toute la semaine… et ces occupations ont laissé des traces: portes défoncées et démontées, matériels vidéo (rétroprojecteurs) cassés, tags disséminés sur les murs. La présidence chiffre les dégradations à plusieurs milliers d’euros.
En septembre 2017, tandis que nous suivions avec attention le déroulement du procès du beau barbecue du quai de Valmy, nos regards et nos cœurs se tournèrent vers Limoges et Grenoble, alors que la solidarité s’inscrivait dans le bitume fondu des casernes de ces villes.
Dans la soirée de mardi 3 avril près de Strasbourg, les flammes ont réduit en cendres près de 42 véhicules du parking de la concession Renault à Illkirch-Graffenstaden. Ce concessionnaire est situé dans une zone commerciale. Les pompiers, qui ont dû faire un trou dans le grillage lors de leur intervention, sont parvenus à éviter que les flammes ne se propagent aux bâtiments du garage. Il en aurait d’ores et pour plusieurs centaines de milliers d’euros de dégâts, selon le propriétaire.
Par un article de la presse locale, on apprend que deux arrêts de tramway, situés aux portes de Planoise (Malcombe et Micropolis), ont été fracassées dans la nuit de samedi 31 mars au dimanche 1er avril. C’est notamment les panneaux publicitaires qui ont volé en éclats.