France : Quelques brèves concernant la journée du 5 février

Se libérer des chaînes scolaires et universitaires

De nombreux lycées et facultés ont été bloqués notamment contre « Parcoursup » et la réforme du Bac dès 7h ce mardi, jour de « grève générale » initiée par des Gilets jaunes et des syndicats.

A Bordeaux, l’énorme campus universitaire de Bordeaux III Montaigne était bloqué dès le début de la journée. La direction de la fac a dissuadé les étudiant-e-s de se rendre sur le campus et décidé de la fermeture de l’ensemble des bibliothèques de l’université.

A Toulouse, la journée a commencé très tôt. Dès 6h30, environ 200 manifestants ont débarqué au niveau du péage de Toulouse-Nord, sur l’A62, où ils ont bloqué des poids-lourds, saturant complètement le périphérique. À 13 heures, le trafic n’était toujours pas rétabli en direction de Toulouse. Des lycées ont été bloqués dès l’aube: Jolimont, Jaurès. Les entrées des bâtiments de la fac du Mirail et de Sciences-Po étaient également barricadées avant 8h. Les éboueurs ont entamé un mouvement de grève, mardi 5 février 2019, devant le siège de Toulouse Métropole, à Marengo, contre la baisse du nombre de tournées et pour la hausse des salaires.

Au Mirail:

A Sciences-Po

A Avranches, dans la Manche, des lycéen.nes de l’établissement Littré ont bloqué leur bahut avec le soutien de quelques « Gilets jaunes ».

A Paris, les cours ont été perturbés dans les facs de Tolbiac, La Sorbonne (Paris 1) et de Paris 8 Saint-Denis en raison des blocages. Le but, comme ailleurs, était de grossir les rangs des manifs de l’après-m’. Quelques échauffourées ont eu lieu avec les flics, qui ont abondamment gazé le cortège. Quelques vitrines (d’un bureau de change) et banques ont pris des coups.

Paris 8 Saint-Denis

A la Sorbonne…

A Lyon, la faculté Lyon II est bloquée au petit matin. Mais sur les coups de 9h30, la présidence de Dompnier décide d’envoyer les flics pour débloquer les accès du campus de Bron. En début d’après-midi (vers 13h30), la manif sauvage se sépare en deux: l’une tente d’envahir la cour d’appel, mais les flics parviennent à l’empêcher à temps en rappliquant au pas de course. L’autre manif sauvage parvient à envahir la salle du conseil de l’université. Petite visite en réponse à l’envoi des flics un peu plus tôt pour mater le mouvement à la fac.  (source: Rebellyon.info)

A Dijon, les grilles du lycée Hippolyte Fontaine sont restées fermées toute la matinée. Des poubelles ont été renversées et un container a été incendié, nécessitant l’intervention des pompiers pour l’éteindre.Plus tard dans l’après-midi, alors que la manif arrivait à son terme, un groupe de manifestants ont fait irruption chez les jaunes de la CFDT (les vrais!). Sous les insultes et invectives, des dégradations ont été commises dans les bureaux du siège de la CFDT, d’après le communiqué du syndicat. La CFDT a annoncé son intention de déposer plainte.


Si tu passes par l’Ardèche…

La préfète de l’Ardèche, Françoise Souliman, a été prise à partie mardi 5 février à Aubenas par des manifestants. La voiture de la préfète ainsi que celle de son équipe ont été endommagées.

Alors qu’elle était en déplacement, la préfète a croisé la route de plusieurs manifestants, dont des « gilets jaunes », réunis au rond-point de Millet à Aubenas. « Des ‘gilets jaunes’ ont reconnu mon véhicule et ont commencé à nous encercler », raconte Françoise Souliman avant d’ajouter : « Je suis sortie, j’ai tenté de discuter avec eux mais le dialogue était totalement impossible parce que c’était plus des vociférations et des cris qu’une volonté de parler. Nous avons eu un pneu crevé, la voiture rayée. Une voiture qui m’accompagnait a eu deux pneus crevés. » L’un des véhicules a également été tagué. Par la suite, la préfète et son équipe ont dû s’arrêter chez un garagiste pour faire réparer les voitures.


Chronique de la répression

Péage de Buchelay, Yvelines : Rappel sur le danger que représentent les portables et les achats par carte bleue

Le Parisien du 4 février 2019 nous apprend que « trois personnes ont récemment été arrêtées par les policiers du commissariat de Mantes-la-Jolie. Ils sont suspectés d’avoir participé à des actes de vandalisme au péage de Buchelay, sur l’autoroute A13, dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes. Dans la nuit du 17 au 18 janvier, neuf monnayeurs ont été détruits à l’aide de mousse expansive. Dans le même temps, des fumigènes avaient été lancés sur les voies de circulation. L’enquête a démarré par l’analyse des bandes de vidéosurveillance du péage. Cinq individus y étaient vus en pleine action, pendant près de deux minutes. Mais leur visage était caché et il était impossible de les distinguer. Les investigations allaient connaître un coup d’accélérateur grâce à la découverte, par les agents de la Société des autoroutes Paris-Normandie, d’un ticket de caisse correspondant à l’achat de fumigènes et de spray anti-lacrymogène. Grâce au numéro de carte bleue figurant sur cet improbable ticket, les policiers ont alors pu retrouver la trace de l’acheteur, un Parisien fervent supporter des Gilets jaunes sur les réseaux sociaux. Ultime vérification : l’étude téléphonique. Le bornage de son téléphone indiquait sa présence la nuit des faits au péage de Buchelay. Il était en contacts serrés avec un complice, mis en garde à vue dans le cadre des manifestations parisiennes au début du mois de janvier. Le premier individu a été interpellé le 29 janvier. Il a reconnu les faits en garde à vue. Son complice présumé et une troisième personne se sont présentés un peu plus tard au commissariat de Mantes-la-Jolie. Ils ont eux aussi admis leur participation à cette soirée. Ils ont été déférés pour une comparution immédiate, mais leur jugement a été reporté au 15 mars. »


Opération Johnny en Vendée : Allumeeer, le feu ! (Gaffe aux poukaves!)

On pourra lire ce compte-rendu du procès du 4 février à La Roche-sur-Yon (Vendée), qui a condamné six personnes (trois femmes et trois hommes, âgés de 31 à 51 ans, serveur, boucher, ouvrière au chômage ou forgeron) condamné de 4 à 8 mois avec sursis pour l’incendie de deux radars lors d’une nuit cordonnée de janvier où 11 radars ont flambé d’un coup. Ce compte-rendu en dit un peu plus sur l’état d’esprit de certains gilets jaunes qui agissent en dehors des samedis.

Extrait :  » Le 15 janvier dernier, une réunion, « dite de convergence entre différents collectifs de Gilets jaunes », se tient à La Roche-sur-Yon. L’opération Johnny est lancée. L’idée : allumer le feu au pied de chaque radar automatique vendéen. Le lendemain, celui qui est présenté comme « le leader du collectif de Boufféré » et son épouse ouvrent la porte de leur domicile aux manifestants locaux. Soufflent les instructions. « Je n’ai contraint personne », lâche le « porte-voix » à la barre. « Je leur ai dit qu’il y avait des risques ».

Deux équipes se forment. « On prend des pneus dans le garage, de la paille, des accélérateurs de feu… » Les téléphones restent à la maison. « Vous les avez fait sonner pour qu’ils bornent ailleurs qu’à proximité des radars », indique le président, Gwenolé Ploux. Une « habileté » tirée d’un « reportage à la télé ». En pleine nuit, deux voitures filent à Tiffauges et Remouillé. Les deux radars flambent, comme neuf autres cette nuit-là, en Vendée. La brigade de recherches de la gendarmerie de La Roche remontera la piste des six coauteurs grâce à un témoin. »

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