J’aime la drogue. Comment ne pourrais-je pas ? Pourquoi renoncer à quelque chose qui me fait du bien, capable d’altérer, à différents niveaux, mon état de conscience m’immergeant dans une atmosphère de bien-être psychologique et physique qui me comble. Après tout, il est facile de se sentir faibles et impuissants une fois que nous réalisons que nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes, mais dans un environnement où nous absorbons continuellement le conditionnement de nos goûts, sentiments, opinions et impulsions et sommes même amenés, d’une manière ou d’une autre, à contribuer à leur redéfinition constante.
Une fois que nous réalisons que, dans un monde de massacres et d’assassins, lutter contre tous les rôles, y compris ceux que nous adoptons continuellement, et tenter d’attaquer ne mènera pas à la victoire, il n’est pas étonnant qu’entre une activité militante et une autre, une discussion et une autre, nous cherchons désespérément refuge dans un état de conscience altéré dans lequel il est possible de projeter, de manière illusoire, l’idée de lutte, l’idée de l’attaque. Je me sens comblée dans mon état altéré, je ne ressens plus le besoin de creuser en profondeur, d’aller jusqu’au bout, j’ai tout ce qu’il me faut. Trouver refuge est une des façons qui m’aide à vivre avec ce monde et à vivre ma vie. Et si en ma compagnie, pendant que je profite de cet état de conscience modifié, je me retrouve en compagnie de personnes avec qui j’échange habituellement quantité de mots sur l’utilisation du feu et contre toutes les règles, le plaisir est encore plus fort, et aussi plus acceptable.
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