Florence, Italie : Le trafic ferroviaire volontairement en tilt ! (22 juillet 2019)

Des retards jusqu’à quatre heures et 42 TGV annulés suite à l’incendie « volontaire » survenu à l’aube contre une cabine électrique à hauteur de la gare de Rovezzano (Florence). Parmi les hypothèses passées au crible par les enquêteurs, il y a la piste d’une action des anarchistes liée à un procès en cours à Florence contre 28 personnes [opération Panico, voir ici).

La circulation ferroviaire a été complètement suspendue de 5h10 à 8h ce matin pour que la police scientifique puisse opérer sur place. Trois foyers d’incendie auraient frappé les installations ferroviaires à l’aube. En plus de la cabine électrique, deux regards où passent les câbles électriques auraient également été visés.

A cause des dégâts, on enregistre une forte réduction des capacités ferroviaires, dès le matin les retards sur les TGV étaient de 180 minutes avec des pointes à 240 minures, sans compter les 42 TGV annulés, aussi bien de Trenitalia que de Italo. Des répercussions sont également prévues pour cet après-midi. D’importants retards et des annulations de trains sont également signalés concernant le traffic régional des principaux noeuds métropolitains.

[Traduction d’un extrait de la dépêche de l’ANSA (AFP italienne), 22 juillet 2019]

Des perturbations importantes du nord au sud du pays….

« acte volontaire causé par des inconnus »


On complète, en précisant que les journaux insistent sur la piste anarchiste en citant un texte ironique de finimondo paru ce matin (La stratégie de l’escargot), l’assimilant comme d’hab à une « revendication ». Ci-dessous sa traduction:

La stratégie de l’escargot

« Il faut porter la panique à la surface des choses »

Ce matin – dix jours après le vingt-et-unième anniversaire de la mort de Maria Soledad Rosas, deux jours après le dix-huitième anniversaire de la mort de Carlo Giuliani, et quelques heures avant l’annonce du verdict du tribunal de Florence contre une trentaine d’anarchistes – la ligne ferroviaire qui relie Rome et Florence est à l’arrêt, suspendue, bloquée. Qu’est-il arrivé ? A l’aube, en proche banlieue du chef-lieu
toscan, une cabine électrique du TGV s’est réchauffée au point de s’enflammer. Serait-ce un hasard ? Une coïncidence ? Une « vile provocation » ? Ou bien, plus simplement et humainement, un geste d’amour
et de rage ?

Il est facile d’imaginer que se trouvent sur place un ramassis de techniciens des chemins de fer et de la préfecture de police. Après les premières constatations, les responsables de Rfi [Rete ferroviaria
italiana] ont déclaré que « l’origine de l’incendie contre les installations qui gèrent la circulation des trains est liée à un acte volontaire causé par des inconnus ». Des inconnus qui avec un petit rien ont provoqué le chaos dans la circulation ferroviaire nationale, un secteur important de ce système public de transport qui fait chaque jour fonctionner notre aimable société, déplaçant des marchandise humaines et inhumaines selon les besoins du marché. Et quand plus rien ne fonctionne, on le sait, on est alors obligé de penser à toute autre chose.

Oui, on le sait bien, on le sait que les flics et les journalistes – habitués comme ils sont au mutisme de l’obéissance ou au choeur du consensus – prendront nos mots rien moins que comme une « revendication ».
Mais que voulez-vous ? C’est plus fort que nous. On ne réussit pas à contenir notre émotion en constatant comment ce géant nommé Pouvoir a encore et toujours des pieds d’argile. Comment il suffit d’allumer une
cigarette à l’air libre de la campagne sous la lune pour l’envoyer en tilt. Comment toute sa magnificience exhaltée, toute son invincibilité arrogante dépendent de fragiles câbles disséminés un peu partout. Si
vulnérables qu’ils peuvent mettre être neutralisés par une limace*.

Le spectre de la mort et la menace de la prison pourront arrêter ceux qui doivent cultiver leurs propres intérêts, mais ils n’ont jamais arrêté ceux qui désirent ardemment leur propre liberté.

[Traduit de l’italien de finimondo, 22/7/19]

* NdT :
Le 30 mai dernier, sur plusieurs lignes du sud du Japon, une grosse panne de courant avait stoppé des dizaines de trains et provoqué des retards pour 12 000 passagers. La Kyushu Railway Company avait été contrainte d’annuler 26 trains et d’autres avaient été affectés par des retards qui avaient semé le chaos sur un réseau ferré célèbre pour son efficacité et sa ponctualité. Fin juin, on apprenait finalement que c’est officiellement une limace s’étant introduite dans un boîtier électrique avant de griller net qui avait fait disjoncter le tout.

[Reçus par mail]

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