Ca s’agite dans les prisons d’Angers et de Perpignan – 17 mars 2020

A Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Ce mardi 17 mars après-midi, vers 15h30, « une centaine de détenus en promenade dans la cour de la prison de Perpignan n’a pas voulu rentrer pour regagner les cellules. Les prisonniers voulaient montrer leur mécontentement car ils n’ont pas eu droit aux parloirs. Tous ont été annulés pour cause de coronavirus. Tout est rentré dans l’ordre en début de soirée, après l’intervention des forces de l’ordre, des ERIS, les Équipes régionales d’intervention et de sécurité de l’administration pénitentiaire. […] Les revendications porteraient également sur les cantines où ils peuvent s’approvisionner en denrées alimentaires et produits d’hygiène mais dans le contexte actuel, ces moments de leur vie quotidienne sont suspendus. D’où leur colère. » (France3 Occitanie, 17.03.2020)

A Angers (Mayenne).

« La situation est revenue à la normale », un peu avant 22 h ce mardi 17 mars, à la maison d’arrêt d’Angers. Depuis le milieu d’après-midi, 54 détenus ont refusé de regagner leurs cellules, après la promenade.

« Un peu plus tôt, vers 20 h 30, les 38 surveillants pénitentiaires spécialisés dans le maintien de l’ordre des équipes régionales d’intervention et de sécurité (Éris) ont commencé à reconduire, manu militari, les prisonniers dans leurs cellules. Depuis la fin d’après-midi, ces hommes protestaient contre la suppression des parloirs. […]
La situation se serait tendue vers 17 h 30 environs, quand un groupe de prisonniers a décidé de manifester son mécontentement. […]

« Remettez nos parloirs », auraient-ils scandé après avoir incendié une cabine téléphonique. La suspension des visites, « une mesure de précaution » dans le cadre du confinement général décidé dans la soirée de lundi 16 mars, par le Président de la République Emmanuel Macron pour lutter contre la propagation du coronavirus. Une mesure entrée en vigueur à 12 h ce mardi 17 mars, comme l’a expliqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui avait, dès son annonce, suscité une vague de protestation dans la maison d’arrêt.

Dans un appel téléphonique, un homme se présentant comme le frère d’un prisonnier a tenu à témoigner. « Depuis plusieurs mois », les détenus dénonceraient également les agissements d’un membre du personnel pénitentiaire, surveillant-chef. Notre interlocuteur évoque des brimades, menaces, insultes, utilisation abusive des menottes… « Plusieurs courriers ont déjà été envoyés à la directrice, sans que rien ne se passe. J’ai eu mon frère au téléphone, aujourd’hui. Il était en pleurs, c’est la galère. Je m’inquiète beaucoup pour lui, il a perdu 7 kg. Il faut faire quelque chose, car les conditions sont terribles. » L’état de vétusté de la maison d’arrêt d’Angers est régulièrement dénoncé par les détenus et leurs avocats. (Ouest-France, 17.03.2020)

This entry was posted in ACAB, Actions directes, Contre la société de contrôle et de surveillance, Feu aux prisons and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink.