Madrid, Espagne : Promesses de guerre. Feux et vitres brisées – Fin décembre 2019

Au cours des dernières semaines de décembre, des vitres de voitures ont été redécorés et brisés, des pneus crevés et/ou les rétroviseurs arrachés pour une cinquantaine de motos et une quarantaine de voitures de location, un Burger King, des agences immobilières, des entreprises de sécurité, des banques… Les écrans d’une douzaine de distributeurs automatiques de billets ont également été explosés.

Un DAB de la banque Caixa et un autre de la Santander ont été la proie des flammes. Quatre voitures de location, deux de la banque Santander, deux d’agences immobilières, une de Prosegur et une de Securitas ont brûlé pendant la nuit.

Peut-être que les appels à la guerre sont trop grandiloquents, nous ne voulons pas faire d’analogie avec d’autres endroits du globe où le conflit a atteint des niveaux de destruction et de mort que nous n’envisageons pas ici. Ces mots ne sont pas un exercice de vantardise, un selfie narcissique. Ce ne ne sont qu’un échantillon de choses qui se produisent, de moments de passion dans un monde monotone et absurde. Une tentative de renforcer et de multiplier l’action antagoniste.

Empêcher l’ouverture d’une banque pendant quelques jours, interrompre le flux des marchandises ou endommager directement les instruments de répression est important et montre que le pouvoir est vulnérable instantanément. Tout en sachant, bien entendu, que ces rythmes de destruction sont absolument assimilables par le capital et que ce dernier s’en remet très rapidement.

En tout cas, nous ne voulons pas rester des êtres passifs devant la perpétuation de cet existant : des continents entiers transformés en camps de concentration, des villes de zombies consuméristes qui génèrent la dévastation de la vie dans tous ses rapports, l’autorité et le profit soumettant tout type de relation…

Nous ne voulons pas tomber dans la virtualisation de la vie et également celle de la lutte, où seule le spectacle de la révolte est représenté, afin que les spécialistes de la politique de tous bords jugent de la légitimité ou non de l’action. Nous n’allons pas séparer le discours de la pratique. Nous agissons et nous parlons.

Bien que certain.e.s d’entre nous aient abandonné l’espoir d’un avenir idyllique, nous ne nous privons pas du plaisir et de la conviction de vouloir vivre ou imaginer l’absence de domination. Nous parions sur la destruction, mais celle-ci ne peut pas être seulement physique. L’attaque contre l’autorité répond à une responsabilité individuelle qui nous conduit à vouloir éliminer les éléments qui la soutiennent, comme nous-mêmes. Qu’on l’appelle déconstruction, révolution intérieure ou le fait de tuer le flic qui est en nous, la conscience du privilège et de l’activité qui perpétue l’ordre existant est nécessaire. Et cela ne peut en aucun cas nous faire attendre, mais devrait fonctionner comme une impulsion dans la conviction qu’il est nécessaire de détruire, à l’intérieur comme à l’extérieur.

Nous voulons une lutte multiforme, qui n’implique pas de pratiques réformistes, mais plutôt la recherche de voies de différents confrontation, qui ne laissent aucune place à la récupération et qui n’entrent pas dans un dialogue avec le pouvoir.

Nous n’allons pas attendre le bon moment ni le « réveil » des masses. À l’éternelle promesse et au retard inévitable du quantitatif nous opposons la spontanéité et la passion du qualitatif. En partant du principe que la lutte pour la libération, vient de, se nourrit de et va toujours vers l’individu.

Pour tou.te.s les compagnon.e.s frappé.e.s par la répression.
Pour la libération totale.
De et vers l’anarchie.
PROMESSES DE GUERRE

 

[Traduit de l’espagnol de indymedia barcelona via contramadriz, 09.03.2020]

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