France : Brèves et quelques chiffres sur le mouvement de révolte et la répression qui s’ensuit [8-18 avril 2019]

Toulouse : 100 000 euros pour l’Acte 22

La mairie de Toulouse a chiffré le coût des dégâts commis par les casseurs, samedi dernier lors de l’acte 22 des Gilets jaunes. Selon le Capitole, le coût des dégradations est estimé à 100 000€. Ce chiffre comprend comprenant les dommages subis sur les installations des chantiers, les dégradations de chaussées et les dégradations de mobilier urbain (candélabre, abris de bus , sucettes publicitaires…).

On notera en particulier celle-ci : « Enfin sur le chantier TESO (Toulouse Euro Sud-Ouest) à Matabiau, un ouvrage (réalisation d’une connexion de câbles à basse tension) réalisé par Enedis a été vandalisé à l’angle du Boulevard Bonrepos et de la rue de Bayard. »

En février dernier, Toulouse avait été annoncée comme la deuxième ville la plus touchée par les manifestations des gilets jaunes, derrière Paris, avec une estimation du préjudice évalué à plus de 5,6 millions d’euros. [Source: La Dépêche, 16.04.2019]


TF1 balance une fois de plus : sus aux images

Le 16 mars dernier, lors de l’acte XVIII des gilets jaunes, à Paris, le Fouquet’s était en effet vandalisé et pillé et sa devanture partait en fumée. Le soir même, au journal télévisé de TF1, un homme apparaissait, tenant dans ses bras une table de mixage dérobée dans le restaurant huppé.
L’homme expliquait calmement : « Au moins, je serais venu à Paris et reparti avec quelque chose ». Le visage de ce gilet jaune n’était pas filmé. Mais apparaissait distinctement à l’écran sa chaude parka aux couleurs d’une équipe de rallye…
Et c’est ainsi que “Bouboule” a été interpellé mardi 16 avril, en Isère. Transféré à Paris, il a été entendu sous le régime de la garde à vue par les policiers du premier district de police judiciaire en charge de l’enquête sur les dégradations et vols commis au préjudice du Fouquet’s le 16 mars dernier. Selon nos informations, au cours d’une perquisition menée au domicile de l’Isérois, la platine dérobée dans le restaurant des Champs-Élysées aurait été découverte.
Mercredi, à l’issue de sa garde à vue, il a été déféré au parquet de Paris avant d’être présenté au tribunal correctionnel de Paris dans le cadre d’une procédure de comparution immédiate pour y répondre de “recel de vol”. [Source: Le Dauphiné, 18.04.2019]


Dijon, 12 avril 2019 : trois personnes en comparution pour l’attaque aux Molotovs de la préfecture – Un sentiment de vengeance

Vendredi 12 avril, trois personnes ont été présentés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Dijon. Le restaurateur, gérant du Boeuf blanc (43 ans), son fils (18 ans) ainsi qu’un autre homme, âgé de 38 ans, sont poursuivis pour avoir lancé cinq cocktails Molotov contre la préfecture de Côte-d’Or dans la nuit du 30 au 31 mars 2019. Certains atterrissent dans la cour du Conseil départemental, mais les cocktails molotov ne s’enflamment pas; seule une bâche de l’entreprise Novelli située à l’arrière du bâtiment est endommagée.

Lors de l’audience, les trois personnes, en garde à vue depuis mercredi 10 avril 2019, ont reconnu les faits. Ils expliquent leur attitude par les affrontements qui se sont déroulés l’après-midi du samedi 30 mars 2019 entre les gilets jaunes et les forces de l’ordre. Cet après-midi-là, des gilets jaunes, venus se réfugier dans le restaurant « Le Boeuf Blanc » (dont l’un des accusés est le gérant), sont pris en chasse à l’intérieur de l’établissement par des policiers qui interpelle un homme pour violences commises sur des policiers. Il s’ensuit une bousculade au cours de laquelle la concubine du gérant est blessée. Une plainte avait d’ailleurs été déposée.

Le tribunal évoque un risque de réitération car les prévenus semblent éprouver un sentiment d’injustice et indiquent avoir voulu se venger. Si le restaurateur et son fils sont inconnus des services de police, le troisième homme a été arrêté en décembre dans une manifestation avec une bouteille d’alcool à brûler. 
Il a déjà été condamné pour violences, vol, escroquerie et contrefaçons.

Les trois personnes présentées ont été poursuivis pour les infractions de dégradations et tentatives de dégradations par incendie (peine de 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende). Les avocats des prévenus demandent un report. Le tribunal voulait conditionner le report de l’audience au maintien en détention.

À l’issue des débats, le tribunal accepte finalement de reporter l’audience au 19 juin 2019.  Les accusés sont placés sous un contrôle judiciaire strict.
Ils ont interdiction de se rencontrer et de manifester.
Le patron du restaurant a interdiction de s’y trouver les samedis entre 9h et 22h. Son avocate avait de toute façon annoncé que l’établissement n’ouvrirait plus ce jour-là. [France 3 Bourgogne, 12.04.2019]


Bilan judiciaire du mouvement des Gilets Jaunes

Près de 2.000 jugements ont été prononcés et 1.755 personnes sont encore en attente de jugement. Et parmi ces condamnations, 40% d’entre elles sont des peines d’emprisonnement ferme.

1.729 personnes sont passées en comparution immédiate, dont près de 400 mandats de dépôt. 1.774 personnes ont été renvoyées en correctionnelle. 114 procédures d’information judiciaire ont été ouvertes, et 400 saisines des juges des enfants effectuées.

La Chancellerie précise également qu’il s’agit souvent de primo-délinquants: ils sont peu nombreux à avoir des antécédents judiciaires. Tous sont insérés socialement: ils ont un travail ou font des études. Le ministère de la Justice relève aussi la présence de proches de la mouvance d’ultra-gauche ou d’ultra-droite, ou encore de mouvements anarchistes, dans les cortèges.

Quant aux motifs des infractions signalées lors de ces journées de mobilisation, le ministère fait état de violences sur personne détentrice de l’autorité publique, participation à un attroupement armé, rébellion, dégradations, rébellion ou encore port d’arme. [Source: BFM tv, 08.04.2019]

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