Acte XVIII, France : Chaos sur les Champs-Elysées et quelques désordres à Caen et Bordeaux – 16 mars 2019 [Mise-à-jour]

Pour ce samedi 16 mars, de nombreux groupes et individus (gilets jaunes ou non) appelaient à converger sur Paris. L’objectif était d’aller jusqu’au palais de l’Elysée, surprotégé par les forces de l’ordre. Le chaos s’est répandu sur tout le long des Champs-Elysées (entre place de la Concorde et l’Arc de Triomphe), mais aussi jusqu’aux Halles, où une bagnole de flics a été incendiée (cf en fin d’article). De son côté, la chambre du commerce et de l’industrie a comptabilisé plus de 100 boutiques vandalisées ce samedi à Paris De nombreux commerces ont été attaqués dans les Ier, le IIe et le IXe arrondissement. Rien que sur l’avenue des Champs-Elysées, 26 commerces ont été pillés, 75 commerces et bureaux dégradés (9 kiosques brûlés). Rue Montorgueil (I et IIe arrondissements), pas moins de 11 commerces ont été attaqués. (Le Parisien a même publié une carte des dégradations dans Paris). Les éboueurs et agents de maîtrise de la ville ont travaillé toute la nuit de samedi à dimanche pour retirer 150 m3 de déchets (pavés, vitres brisées, mobiliser urbain, déchets d’incendie, etc).

Avant cet acte 18, les dégâts liés aux manifestations des Gilets jaunes en France depuis le 17 novembre ont été estimés à 170 millions d’euros par la fédération française de l’assurance (FFA). Selon Stéphane Pénet, directeur des assurances dommages à la FFA, près de « 10 000 déclarations de sinistres » ont été recensées, concernant notamment des voitures cassées et incendiées.

D’autres rassemblements et manifs se tenaient ailleurs en régions, souvent mélangés aux défilés des pacifistes écolos de la « Marche du Climat ». Ci-dessous un récit d’un anarchiste sur la journée à Caen (Calvados) et un autre à partir de la presse à Bordeaux.

Resto de bourges des Champs-Elysées


Bordeaux: Saccage d’une agence bancaire et affrontements

Près de la gare Saint-Jean, la porte vitrée de l’agence de la Société générale qui était fermée à l’arrivée du cortège a été brisée puis saccagé: les meubles à l’intérieur et un distributeur d’argent ont été détruits. Plus tard, des affrontements auront lieu Place Pey-Berland devant l’Hôtel de Ville, désormais épicentre des affrontements du samedi après-midi. 25 personnes ont été interpellées, dont une pour le saccage de la banque, les autres pour « outrages, rébellion et violences envers les forces de l’ordre ».


Caen: banque défoncée pour un défilé contrôlé

Un peu moins de monde place du théâtre à 14 heures. Mais il y a pas mal de gens à Paris et d’autres au rassemblement sur le climat. Ca part en cortège vers la mairie pour rejoindre la manif climat. Les deux manif font jonction. C’est rigolo et frappant de voir une classe sociale en rencontrer une autre. La manif climat prend la tête de cortège avec ses slogans mollassons, tandis que le second cortège emboîte le pas.

Arrivé place Bouchard il y a volonté d’imposer des prises de parole – gilets jaunes compris -. Ca rechigne pas mal de ce côté et ça déborde vers la rue St-Pierre. La manif repart non san que Bunel -l’ex responsable megretiste de la police municipale de Vitrolles – n’est briffé la SO sur les plus agités. Le SO s’exécute, se précipite bloquer le fond de la rue St-Pierre tandis que la banderole gilets jaunes conduit tout le monde jusqu’au château. Là les pelouses sont investies tandis que SO et de nouveau Bunel permettent au camion sono de la marche pour le climat de remonter. Les prises de parole auront donc finalement lieu.

C’est alors qu’on peut voir durant quelques minutes notre cher Bunel, ancien porte parole auto-proclamé, se pavaner sur le camion sono de la fine fleur de la gauche de la gauche et des écologistes. Les prises de parole se succèdent plus chiantes les unes que les autres. Toute la gauche prend la parole d’Alternatiba à la KIC en passant par le NPA et LFI. Personne ne manque à l’appel. On a même droit à une intervention d’une membre du SO. Tout cela a du se concerter en catimini… Quelques voix ironiques s’élèvent pour réclamer un lâcher de ballon.  Heureusement un gilet jaune d’Hérouville finit par interrompre cette
merde au micro et lancer un appel à partir en manif.

 Nous sommes quelques 500 personnes à partir alors vers le port. Il y a une belle énergie, mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Tandis que la tête de cortège cherchent à rejoindre le centre-ville et ses magasins à fermer, une partie du cortège bifurque vers la gauche rue St-jean. Une CIC est attaquée au passage. pas mal d’applaudissements. On ne comprend pas bien l’objectif final de manif. Certains parlent de la banque de France, mais ça continue vers la rive droite. Là nous pensons à la gare et aux Rives de l’Orne, mais la tête continue rue de Vaucelles. Et lorsque nous passons sous le pont ferroviaire certains poussent pour prendre la rue de Falaise. Nous apprendrons plus tard qu’un groupe dont fait parti le même Bunel veut reprendre le rond point bleu de Ifs. C’était leur objectif depuis le début d’où la bifurcation rue St-Jean, et comme personne n’a vu le truc se faire on se retrouve rive droite en bas de la rue de Falaise sans objectif. Et nous avons laissé tout le temps nécessaire aux keufs pour s’organiser.

Malgré ce beau sabotage, personne ne s’engage rue de Falaise. On reprend vers la gare où l’on hésite à s’engager à cause des travaux. Nous ne savons pas si ils ont à l’intérieur, et les travaux compliqueraient singulièrement une éventuelle retraite. Tandis qu’on s’oriente vers le centre commercial des rives de l’Orne, le flics débarquent. Quelques barricades s’érigent mais peu de monde pour en découdre, du coup ils dispersent sans trop de soucis. Certain-e-s partent rue d’Auge, d’autres vers Vaucelles. Une bonne part du cortège cherche à repasser rive droite. Les flics tentent de nous bloquer le passage, ça joue sur la mobilité entre rue de Vaucelles, rue St-Michel. Pas mal de monde passe. Ils manquent d’effectif, mais nous aussi. Il semble qu’ils aient maintenu des contrôles. Ils ont tenté de bloquer également au niveau de la rue de la banque de France.

A priori, selon les sources journalistiques pas d’interpellations. Le soir concert antirép à la Demeurée.

Ce qui semble clair c’est que le pouvoir de nuisance de la gauche, de Bunel et du SO se conjuguent. La liaison entre Bunel et le SO se confirme sans que ça n’émeuve la militance. C’était particulièrement patent rue St-Pierre. Pour rappel le SO est autoproclamé, agit sans aucun mandat. Le seul vote qui ait eu lieu en AG sur le SO a été sa dissolution, vote annulé sous la pression et avec la complicité silencieuse de la militance. Si leur pouvoir de nuisance reste limité la plupart du temps, il est bien palpable lorsque la situation se tend. Bunel trouve également des complicités hors du milieu de la militance faf au sein du SO et au-delà, quelques gueules bien indentifiables. Il ne s’agit ni d’en éxagérer l’importance, ni de la minimiser.

Pour mémoire sur Bunel.

Un anarchiste.


Paris : Chaos sur les Champs-Elysées et bordel dans la zone commerciale des Halles

Les premiers affrontements ont débuté très tôt sur les Champs-Elysées, avec les premiers gazages vers 9h30. Après les premières barricades et attaques de véhicules de police et fourgons de gendarmes mobiles, les vitrines de divers magasins (opérateurs téléphoniques, bijouteries, parfumeries, vêtements de mode…) de l’avenue des riches sont tombées les unes après les autres. De nombreux commerces ont été pillés, certains incendiés (le Fouquet’s, Longchamp, banque). Selon un décompte officiel, pas moins de 80 commerces ont été ciblés rien que sur les Champs-Elysées et rues environnantes. Au moins quatre kiosques à journaux ont été livrés aux flammes. Sur cette même avenue, l’agence de la Société Générale, qui avait pris soin (comme la quasi-totalité des autres patrons de boutiques de la rue) de bien se protéger par des plaques en bois, n’a pas été épargnée: ses vitres et ses DAB ont été fracassées. Elle est l’une des rares à ne pas avoir eu son intérieur saccagé.

Le bordel ne s’est pas limité aux Champs-Elysées -vitrines de ce monde de merde fondé sur la misère et l’exploitation – puisque des cortèges sauvages sont allés jusqu’aux Halles. Certains cortèges ont réussi à pénétrer à l’intérieur, provoquant la fermeture de nombreux magasins et l’évacuation d’un bon nombre de consommateurs du Forum des Halles. Alors que les flics faisaient pleuvoir leurs gaz dans le centre commercial, une de leur bagnole cramait devant le commissariat… Une vendeuse d’un magasin de baskets du quartier raconte au Parisien (17.03.2019) : « On a eu un gros mouvement de foule vers 18 heures, certains manifestants étaient venus armés d’un marteau »« Nous (NDLR : le personnel du magasin), on s’est concentré sur l’encadrement des gens au centre de la boutique, pour les protéger. Les responsables ont dû gérer l’avant avec les casseurs. Ils ont réussi à les repousser à coups de jets de neige d’extincteur. Les forces de l’ordre sont rapidement arrivées sur place et ont pu maîtriser la situation », précise-t-elle également. « Au final, seules les vitrines du magasin et un écran publicitaire ont été détruits. » 

Près de 200 personnes ont été interpellées sur l’ensemble de la journée.

Les photos parlent d’elles-mêmes…

Devant le comico des Halles

Un kiosque à journaux en flammes

La Libération – Allégorie (Mars 2019).

Voilà un exploiteur de prisonniers qui se tient sage…

Coup de chaud à Longchamp

Sabotage d’un distributeur de journaux de propagande d’Etat et de ses flics

Disney …

« Rendez l’enfance »

 

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