Forêt d’Hambach, Allemagne : Deux anarchistes arrêtées et placées en détention provisoire lors de l’expulsion – 16 septembre 2018

Voici un récapitulatif rapide de l’ABC de Rhénanie sur la répression en cours dans la forêt de Hambach, où une vaste opération d’expulsion a été lancée depuis le 28 août dernier.

Forêt de Hambach : Deux anarchistes expulsées de la forêt en détention provisoire

Cologne, 19 septembre 2018

Depuis deux semaines, l’entreprise RWE, épaulée par un énorme dispositif policier de Rhénanie-du Nord et de Westphalie et d’autres Länder, expulse les occupant.e.s de la forêt d’Hambach. Depuis dimanche 16 septembre, deux autres personnes sont en détention provisoire. En tout, cinq militant-e-s sont incarcéré-e-s en préventive.

La police a arrêté les deux anarchistes « Winter » et « Jazzy » ce samedi. Ils ne sont pas officiellement connus par les flics. On dit qu’elles se seraient mutuellement attachées avec une chaîne dans leurs cabanes situées dans la partie nord du campement. Ainsi, du point de vue du procureur d’Aachen et la juge d’instruction de Düren, toutes deux auraient commis « des actes de résistance particulièrement graves à l’encontre des agents de la force publique » (§113 Abs. 2 StGB). […]

Le placement en détention sur la base de ces allégations n’est possible que depuis la fin mai 2017 et la modification de la loi du code pénal, où la peine pour « résistance à agents » a été portée à 6 mois de prison. De plus, cela fait référence à un arrêté du tribunal régional supérieur de Stuttgart adopté dans le cadre du « Stuttgart 21 Protest », de considérer que le simple fait de s’enchaîner « en prévision d’une intervention imminente de la police » constituait « un acte de résistance à agents ». Ces deux modifications sont des restrictions du droit pénal, utilisées principalement contre les militant.e.s de gauche.

Les deux personnes accusées se sont vues empêcher de communiquer avec leurs avocats respectifs pendant plus de trois jours, y compris lors de leur comparution devant le juge d’instruction. Jazzy a dit qu’elle avait toujours demandé un avocat et insisté sur son droit à faire appel à lui. Dans son discours, Winter a affirmé qu’elle n’avait donné aucune information sur son identité en garde à vue. « Vous ne comprendrez jamais ce que c’est que de vivre avec des personnes qui n’en ont rien à faire de savoir comment on s’appelle ». 

L’ABC, dans son rôle de soutien aux prisonnier.e.s, conseille également: « personne ne doit participer à ses propres poursuites. L’article §136 nous protège entre autre face à ce danger, qui est un droit élémentaire de ne donner aucune information sur notre identité en GAV, même si celui-ci est régulièrement bafoué ou oublié par les tribunaux. Nous demandons à toutes les personnes proches des détenu.e.s d’accepter et de soutenir la volonté de Winter.

Plus d’informations sur les prisonnier.e.s de la forêt de Hambach sur: abcrhineland.blackblogs.org

[Traduit de l’allemand de contrainfo]

 

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