Cher ami
Plus de trois années se sont écoulées depuis que tu as été obligé de disparaître du jour au lendemain. A l’époque, il n’y avait plus le temps pour quelques mots d’adieu ou une accolade avant ton voyage vers l’inconnu, mais restent la sensation d’avoir été dépassé.e.s, la tristesse et une incertitude quant à la façon d’affronter ces milliers de questions. Ta première lettre de nulle part a brisé le silence qui nous entourait dans les premières semaines, tes lettres suivantes pleines de force, d’amour et de confiance ont ouvert un espace de débat et d’échanges entre compagnon.ne.s. Des textes plus anciens sur le thème de la clandestinité ont été lus, il y a eu de petits et grands débats et des discussions auxquels d’autres personnes intéressées n’ont pris part que rarement. Ce n’était pas facile mais nécessaire de sortir de cela et c’est pourquoi nous avons décidé de partager publiquement nos réflexions sur ce thème sous la forme d’une Infoveranstaltung (soirée d’information) et d’engager une discussion à divers endroits dans l’espace germanophone.
Tant de temps est passé et nous avons mené tant de réflexions jusqu’à ce que nous réalisions à quel point il était vraiment important pour nous d’écrire cette lettre. Jusqu’à ce que nous réalisions que c’était une fausse modestie qui nous empêchait d’écrire. Bien sûr, il est difficile de t’écrire en sachant que cela peut être lu par toutes les personnes qui peuvent en tirer quelque intérêt que ce soit, mais quelle importance en comparaison avec la joie que ces mots te parviennent par les ondes ; qu’à travers des lettres publiques nous pouvons maintenir et renforcer notre amitié.
Dans la nuit du 10 au 11 septembre à Munich, le consulat général de Grèce a été la cible d’une attaque à la peinture. La façade a ainsi été souillée au bitume et la porte décorée des mots « Exarchia résiste (A) ».
Le 10 septembre 2019 au matin, les usagers du TCSP ont eu la bonne surprise de découvrir que le distributeur automatique de titres de transport de l’arrêt François Mitterand (près de l’immeuble France-Antilles) a été fracassé au cours de la nuit. Il est désormais hors-service, tout comme deux autres machines à d’autres stations.
Le jeudi 5 a eu lieu la manifestation prévue contre l’ingérence de l’entreprise UPM dans l’éducation. Vers la fin de la manif, des affrontements se sont produits contre les forces de l’ordre. Apparemment, selon des témoins, un flic s’est approché en demandant à se battre en “corps à corps” avec les manifestant-e-s. Rapidement, d’autres anti-émeutes sont venus à la rescousse, commençant leur sale boulot et les échanges avec les forces de l’Etat ont impliqué des balles en caoutchouc, des matraquages puis quelques arrestations. Cinq personnes ont été arrêtées lorsque la police a dispersé les manifestant-e-s. Juste après, divers-e-s solidaires se sont retrouvé-e-s en différents endroits pour voir la situation des personnes séquestrées et la réponse à y apporter. Après avoir trouvé des possibilités d’avocats, les lieux où étaient les détenu-e-s et s’être organisé-e-s, diverses personnes solidaires sont allées au commissariat n°7 où se trouvaient les détenu-e-s. Là, sous le regard nerveux des keufs, elles ont exprimé leur solidarité avec les compas à l’intérieur. Accompagnées par des chants constants et les allées-venues des patrouilles, elles sont restées là jusqu’à ce que sorte l’un des compagnon-ne-s dont on prévoyait qu’ils le relâcheraient.
Au petit matin du 20 août 2019, un engin artisanal suspect attire l’attention du dispositif de sécurité qui se mettait en place dans l’attente de la visite du président Piñera.
Farid, incarcéré à Villeneuve-lès-Maguelone depuis fin mars pour avoir cassé des vitrines de banques lors des manifestations montpelliéraines des gilets jaunes, a finalement été condamné en appel à trente mois de prison ferme, alors qu’il avait été condamné en première instance à trois ans ferme. […] Plusieurs policiers se sont déplacés au palais de justice pour entendre le délibéré, rendu le cinq septembre dernier.
[En milieu urbain, les antennes-relais de téléphonie mobile se trouvent souvent haut perchées sur les toits. A Wimereux (Nord), celle qui alimentait le bien nommé quartier du Baston se trouve au sommet d’un chateau d’eau. Cela n’a empêché des mains habiles de couper un de ses câbles le vendredi 6 septembre au petit matin, provoquant une coupure de la 3G pendant deux jours sur les réseaux SFR et Bouygues. Un sabotage local d’antenne-relais qui n’est pas le premier depuis le début de l’année, selon les journaflics locaux.]
« Le véhicule était garé devant le commissariat sur le Parvis de Saint-Gilles quand il a pris feu vers 21h30. Les pompiers sont arrivés rapidement sur place et ont pu éteindre le feu, mais la voiture a été sérieusement endommagée. “Aucun suspect n’a encore été identifié et la cause de cet incendie volontaire n’est pas encore connue”, a déclaré vendredi Willemien Baert, porte-parole du parquet. » (source: