Montpellier : « Un samedi comme les autres depuis bientôt quinze mois » – 1er février 2020

Ce samedi 1er février, plus de 1000 personnes se sont retrouvées à Montpellier à l’appel national des gilets jaunes pour ce 64ème acte. Parmi tout ce monde, il y avait un black bloc d’environ 500 personnes.
La manif a commencé en fin de matinée dans un calme relatif, mais peu avant 13h, les premiers affrontements éclatent et les gaz envahissent la place de la Comédie, épicentre de la colère émeutière des samedis montpellierains, que les médias ont pris pour habitude de taire le plus possible depuis des mois, tant ça ferait mauvaise pub au tourisme et à l’économie local. Des agences d’assurances sont attaquées, des vitrines et DAB de plusieurs agences bancaires
(dont une du ‘Crédit Mutuel’) sont fracassés, la vitrine d’une agence SFR est étoilée, le rideau métallique du MacDonalds forcé et tagué.

Les gaz ne se dissiperont de la place réellement qu’après 19h.
La préfecture a une fois de plus sorti les gros moyens, comme en atteste l’utilisation du canon à eau qui crachera tout l’après-midi avec pour objectif de ramener l’ordre. En vain.

« Le Macdonald de la Comédie ainsi que quelques vitrines de banques et assurances subiront le courroux populaire. Plusieurs fois, les policiers seront chargés par les manifestants, soit pour libérer un espace dans leur dispositif, soit pour tenter d’empêcher une interpellation. Cette mini guerrilla urbaine durera jusqu’à 19h30, rythmée par divers feu de poubelles et des jets de projectiles des deux camps. » (Extrait du récit de la manif publié sur lepoing.net, 02.02.2020)

Sur le plan répressif, six personnes avaient été interpellées à 14 h, et deux de plus une heure plus tard. A 18h, alors que les affrontements se poursuivent sur la Comédie, la préfecture fait état de 21 interpellations.

Quatre gilets jaunes passaient ce lundi 3 février en comparution immédiate. Trois d’entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire, un autre en détention provisoire (pour s’être révolté en GAV):
« Le premier, accusé de dégradations sur le rideau de fer du MacDonald’s de la Comédie, à été placé sous contrôle judiciaire comportant une interdiction de manifester et une interdiction de se rendre dans le restaurant en question. Il sera jugé le 11 mars à 14h.

Le second, accusé de violences sur agent dépositaire de l’autorité publique n’ayant pas entraîné d’ITT, puisqu’on parle du retour à l’expéditeur d’un palet lacrymogène, a été considéré comme récidiviste à cause de condamnations précédentes pour des faits similaires. Il est lui aussi placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de manifester et de paraître dans l’Hérault, et obligation d’habiter chez la mère de sa copine. Il sera jugé le 3 avril à 14h.
Un troisième, sous tutelle, a été accusé de participation à un groupement formé en vue de commettre des violences, de dissimulation du visage, de violences sur agent dépositaire de l’autorité publique et de dégradations. Reconnu psychologiquement fragile et ne supportant pas l’enfermement, il a cassé la vitre en plexiglas de sa cellule de garde à vue. Il est placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Villeneuve-les-Maguelone en attente de son procès le 9 mars.
Le dernier, accusé de participation à un groupement formé en vue de commettre des violences et de violences sur agent dépositaire de l’autorité publique, s’est vu placé sous contrôle judiciaire jusqu’à son procès le 13 mars, avec une interdiction de manifester jusque là. »

Le Midi Libre dira que ce fut « un samedi comme les autres depuis bientôt quinze mois, juste plus mouvementé cette fois parce que l’appel était national […]”.

 

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