Haïti : Trois jours d’émeutes contre le gouvernement et sa hausse du prix de carburants

Du 6 au 8 juillet, suite à l’annonce du gouvernement d’augmenter les prix des carburants (et malgré le retrait de cette mesure deux jours plus tard), d’importantes émeutes ont secoué Haïti pendant trois jours.

Vendredi 6, afin de respecter le Programme contrôlé par le FMI « Staff-Monitored Program » (SMP) signé en février dernier, le Gouvernement a publié un avis officiel d’augmentations du prix des carburants à la pompe. Dès que l’information a été connue, et devant l’importance des hausses (entre ±40 et 50%) la population a pris spontanément le béton pour libérer sa colère et protester.

Dans les quartiers bourgeois, de nombreuses vitrines de magasins et des vitres de véhicules ont été brisées à coups de pierres par des manifestants en colère qui accusaient le Chef de l’État d’être au service du FMI et non du peuple haïtien. Plusieurs voitures ont été incendiées dont un véhicule de la Police Nationale d’Haïti (PNH)

Toute l’après-midi une vive tension a régné dans la capitale, les principales artères de Port-au-Prince ont été bloquées par des barricades de pneus enflammés de roches, de vieilles carcasses de véhicules et de troncs d’arbres. La circulation était paralysée et la plupart des commerces fermés.

La situation était particulièrement tendue à Pétion-ville, à proximité de la résidence du Président haïtien Moïse, mais des manifestations avaient lieu également à Delmas, Lalue, Nazon, Champs de mars, Canapé-vert, Bon Repos, Portail Léogane, Carrefour Marassa, Kenscoff entre autres.

Samedi dans la soirée, la circulation était impossible dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince à cause des nombreuse barricades et objets divers qui jonchaient les rues. Des violences ont également été rapportées au Cap-Haïtien, aux Cayes, à Jacmel et à Petit-Goâve (où le tribunal a été incendié) entre autres…

Plusieurs bâtiments commerciaux, dont des supermarchés ont été attaqués, particulièrement sur l’axe de Delmas, en périphérie de la capitale. Des débuts de pillage ont été observés. Le Super Market Delimart de Delmas 30, a essuyé des jets de pierre et des individus ont mis le feu sur la cour du Market nécessitant l’intervention des sapeurs pompiers.

Samedi, face à l’hôtel et sur le stationnement de l’hôtel Best Western, plusieurs voitures ont été incendiées, même situation rapporté à l’hôtel Oasis (où logent les touristes, journalistes et institutionnels).

Un début d’incendie a également été rapporté à l’usine de Coca Cola…

Michel-Ange Gédéon, le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH) confirme l’incendie d’au moins deux commissariats et de plusieurs voitures de police.

Dimanche on nous signale que le bureau de la douane à Malpasse a été pris pour cible.

Samedi 14 juillet, pour tenter de calmer la grogne face aux manifestations qui continuent, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a démissionné.

[Synthèse réalisée à partir de la presse, reçue par mail]

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