Montpellier : Deux ans de prison ferme pour l’incendie de la voiture de la police municipale du 7 septembre 2019 – 3 janvier 2020

Ce vendredi 3 janvier 2020 passait en procès un homme de 45 ans pour l’incendie de la voiture de police municipale lors d’une manifestation des gilets jaunes le 7 septembre 2019 à Montpellier. L’inculpé, ouvrier du bâtiment, a été condamné à deux ans de prison ferme, plus précisément d’une peine de 30 mois de prison dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve (avec obligation d’indemniser les victimes et interdiction de manifester pendant trois ans). Il avait été arrêté puis placé en prison préventive le 21 novembre 2019, sur l’unique base d’une dénonciation anonyme. Un récit de l’audience a été publié sur lepoing.net, qui détaille les constructions de la justice pour le condamner. Par ailleurs, les parties civiles réclament 3154 euros pour la devanture et plus de 35 000 pour la mairie, le montant du véhicule Dacia de la police municipale. Ces préjudices et dommages seront fixés lors d’une prochaine audience.


Ci-dessous l’article du MidiLibre du 05.01.2020 sur ce procès.

Voiture de la police municipale incendiée à Montpellier : deux ans ferme pour le « gilet jaune »

Une dénonciation anonyme a conduit les enquêteurs vers un “gilet jaune” de 45 ans.

L’ouvrier du bâtiment âgé de 45 ans jugé vendredi pour l’incendie volontaire de la voiture de la police municipale lors de la manifestation des “gilets jaunes” le 7 septembre a été condamné. Une peine de 30 mois de prison dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve (avec obligation d’indemniser les victimes et interdiction de manifester pendant trois ans). Il a été incarcéré pour effectuer la partie ferme.

«  Scandaleux « , ont crié des “gilets jaunes” et militants venus soutenir celui qui a toujours nié son implication dans l’incendie du véhicule rue Saint-Guilhem qui avait ravagé la devanture de l’un des plus vieux commerces de la ville daté de 1870 (le préjudice total est évalué à plus de 50 000 €).

« Une peine à hauteur des faits reprochés « , a justifié le président du tribunal correctionnel, rappelant que la peine encourue était de 10 ans. Estimant qu’il n’y avait « aucun doute«  sur son identification grâce aux divers équipements retrouvés lors des perquisitions à son domicile (casque, masque à gaz et lunettes de protection), localisé à la suite d’un appel anonyme au commissariat le 9 novembre.

Le magistrat également convaincu d’avoir affaire à un «  black bloc  » à l’aune des pointes étoilées de métal saisies le 21 novembre dans son véhicule alors qu’il rentrait d’une manifestation des “gilets jaunes” à Paris.

[…] Pour le parquet, le bornage téléphonique assoit sa culpabilité : son téléphone portable a borné rue Saint-Guilhem à 16 h alors que l’incendie a été horodaté à 15 h 24. Le prévenu assure qu’il ne l’a pas vu. Son avocate a d’ailleurs contesté les conclusions du bornage effectué par les enquêteurs. « Dire qu’il était rue Saint-Guilhem au moment de l’incendie serait mentir« , a-t-elle plaidé.

Selon Me Aude Widuch, les preuves contre son client ne sont pas solides. Elle a expliqué que les équipements saisis ne correspondaient pas à ceux visibles sur les images de vidéosurveillance sachant que, ce jour-là, des dizaines de personnes avaient le même équipement. Pour elle, le bornage effectué n’est pas probant.

« Le feu est déclenché à 15 h 24 et son téléphone a borné au relais du haut de la rue à 16 h 06, donc mon client serait resté dans la rue 45 minutes, pour qu’on vienne le chercher ? Super le Back bloc ! », a-t-elle ironisé.

Apportant une autre explication au parcours de son client pendant la manifestation.  » Comment a-t-il pu parcourir 3,7 km en 6 minutes ? « , a-t-elle interrogé le tribunal.  » En fait, il a pris le tram et il est rentré chez lui « , dit-elle faisant remarquer que le dernier bornage était celui du domicile du prévenu.

Mais le tribunal n’a pas été convaincu, relevant aussi un casier où figure une dizaine de mentions (il doit aussi purger six mois ferme pour non-paiement de titre de transport). La constitution de partie civile de la ville et de la gérante du magasin a été acceptée. Le préjudice et les dommages et intérêts seront fixés lors d’une prochaine audience.

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