Madrid, Espagne : Revendications d’attaques contre la mascarade électorale de la démocratie – Fin avril 2019

[Les élections législatives ont eu lieu le 28 avril 2019 en Espagne. Elles ont été remportées par le PSOE (Parti Socialiste). Ces deux communiqués de revendications s’inscrivent dans un contexte d’agitation anarchiste pour l’abstention active, avec par exemple cette affiche collée dans les rues madrilènes]

Ils veulent le pouvoir, nous voulons le détruire ! Sièges de partis politiques vandalisés à Tetuán

Dans la nuit du 24 avril, nous nous sommes promenés à travers le quartier madrilène de Tetuán, équipés de boîtes et d’extincteurs remplis de peinture. Le siège « d’Izquierda unida » [« Gauche Unie »] a été entièrement recouvert de peinture, couvrant ainsi leur propagande et dégradant façade et fenêtres ; le PSOE n’a pas échappé non plus à notre visite, en en laissant sur sa façade de deux étages, avec ses banderoles, portes et fenêtres recouvertes de haut en bas… Sur les deux façades, on pouvait lire les tags « Choisir le moindre mal n’est pas la liberté » et « Démocratie = Mascarade », accompagnés à chaque fois du symbole anarchiste.

La démocratie nous offre le choix entre différentes possibilités, entre le mauvais et le pire, toutes fondées sur le fait de donner aux autres le pouvoir de décider de notre vie. N’importe quelle option en dehors de celles-ci est invisible, marginalisée, éliminée de notre imaginaire.

La démocratie utilise le tour de magie qui consiste à la fois à se montrer et à se dissimuler à parts égales, en définissant une réalité adaptée à ses intérêts comme seule possibilité. Au sein du spectre électoral, la gauche est sans aucun doute composée de spécialistes en matière de récupération et d’exclusion, en menant une répression qui peut se passer de l’aspect le plus agressif du pouvoir, en se revêtant de fausses libertés.
Les élections arrivent, où on nous offre quelques miettes de participation politique qui réduit toute notre capacité d’action à la simple délégation de nos volontés. S’ils nous refusent notre capacité à agir et à résoudre nos vies, à les gérer nous-mêmes ; s’ils rendent invisible toute gestion possible de la vie en dehors de leur système, nous nous approprions notre possibilité d’action sans intermédiaires et si une autre fois cela peut servir à satisfaire des besoins collectifs ou à faire face à des conflits, aujourd’hui elle répond à leur farce « d’élections libres ». Nous choisissons de rejeter toutes les options que nous offre la démocratie et de le montrer par l’ attaque. Nous n’avons pas de bulletins de vote pour leurs urnes, seulement de la rage et le désir de répondre avec nos propres armes.

Mort à l’État et vive l’Anarchie.

[Traduit de l’espagnol de Contramadriz, 09.05.2019]


Attaque du siège du Partido Popular à la veille des élections

Nous n’avons pas oublié la réforme du travail, qui a normalisé et répandu la précarité la plus violente pour la plupart d’entre nous, mais nous ne vous avons pas attaqués pour cela. Ni à cause de tout l’argent que vous volez aux gens pour financer votre parti et garder votre vie corrompue et luxueuse, mais ce n’est pas pour cela que nous avons vandalisé votre siège. Nous savons que vous avez utilisé le discours au sujet des squats pour votre propagande électorale, présentant une image manipulée de notre réalité – celle de tous les gens et collectifs qui occupent des immeubles – et en menant une attaque sans précédent. Cependant, ce n’est pas pour cette raison que nous avons détruit vos fenêtres.

Nous vous attaquons avant tout à cause de la campagne en cours, par laquelle vous vous opposez entre vous afin d’exercer le pouvoir sur la population. Nous méprisons votre parti, tout comme nous méprisons n’importe quel autre parti politique. Nous vous attaquons parce que cela est notre campagne électorale à nous et qu’elle s’écrit par des actions et non avec de fausses promesses.
Vous promettez de résoudre nos problèmes. Nous pensons que le problème c’est vous, et voilà notre façon de le résoudre. Et le vote auquel nous appelons est celui de l’action.

Nous avons pris un marteau, cherché un siège politique et brisé les vitres pendant la nuit. C’est un acte simple à la portée de tous.Voilà ce que signifie abstention active. Nous ne votons pas, mais pas par apathie, ni par inertie, ni par passivité. Nous ne votons pas parce que nous parions sur d’autres moyens pour régler les problèmes. Le sabotage des partis politiques n’est que l’un d’entre eux. Occuper une maison quand t’as pas de toit en est un autre.

Pour l’action directe et pour l’anarchie – Sabotage de la démocratie !

[Traduit de l’espagnol de Contramadriz, 09.05.2019]

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