Saint-Etienne, France : Déconnexion générale autour du stade Geoffroy Guichard – 2 avril 2019

Si même les supporters s’y mettent !

Mardi 2 avril à Saint-Etienne, un étrange sabotage s’est produit vers 1h moins le quart du matin : quatre câbles de fibre optique ont été sectionnés sur le parking en face du stade Geoffroy-Guichard, à l’angle des rues Roger-Rocher et Manuel-Fernandes, après que les plaques de fonte de quatre fosses où sont enterrés les câbles ont été soulevées. 3800 clients d’Orange ont été privés d’internet et de toute donnée transitant par ce biais. Ce n’est que 24h plus tard, après un travail acharné des ouvriers qui se sont relayés nuit et jour, que la connexion a pu être rétablie, d’abord pour les entreprises, puis pour les particuliers. « Le préjudice de cet acte de sabotage s’avère élevé, mais la société Orange n’a pas souhaité communiquer sur le montant », selon le journaflic local.

Un étrange sabotage, que les larbins de la préfecture de police ont immédiatement attribué à de possibles supporters mécontents du match Saint-Etienne/Nîmes qui s’était achevé deux heures plus tôt, tandis que les commentateurs se déchaînaient de leur côté contre les « anars » ou les « gilets jaunes » du coin. Hypothèse pour hypothèse, la bonne nouvelle ne résiderait ici pas tant dans le fait qu’il existe des révoltés en gilets ou des ennemis déclarés de la domination qui cessent de philosopher et passent aux actes (ce qu’on sait déjà)… mais bien qu’il puisse s’agir de supporters de foot ! Une bonne nouvelle en effet, parce que si l’on en croit les statistiques concernant la saison précédente, le pourcentage de matchs nuls en Ligue 1 n’était que de 25,2 %. La plupart du temps, il y a donc bien une équipe qui perd… ce qui nous donnerait 74,8 % de chances que certains spectateurs frustrés dans un camp ou dans l’autre se transforment en saboteurs potentiels du réseau internet à proximité des stades ! Dans ce cas, à bas les nuls, et vivent les perdants audacieux du spectacle !

Mais laissons maintenant ce songe mathématique où il est né, et revenons-en à cet acte de poésie urbaine stéphanoise. Un acte anonyme qui ne peut que réjouir les ennemis de l’ordre, et dont n’étant pas policiers, on se fiche pas mal de savoir qui a bien pu le commettre. Un petit exemple, simple et banal, de comment il est possible de saboter les artères de l’Etat et du capital, pour qui veut bien s’armer de détermination et d’imagination. Et puis quitte à parier, gageons même que dans le genre, ce ne sera pas le dernier !

[Reformulé de la presse locale]

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