Lettre de Gabriel Pombo da Silva et d’Elisa : « Libres et dangereux »

Ardire, Scripta Manent, opération Bujo… ça vous dit quelque chose? Voilà seulement quelques-unes des “opérations” judiciaro-policières que notre « clan » a vécues dans sa chair, en raison du fait que nous sommes anarchistes et que nous le restons, jusqu’au bout.

Nous sommes un clan nomade, qui va de pays en pays à la recherche de complices qui pratiquent l’anarchisme sans demander approbation ni consensus, qui agissent sans se soucier des discours « politiquement corrects » (si en vogue à notre époque) qui hantent nos chapelles. Ce n’est pas non plus l’« esthétique » qui nous intéresse, mais plutôt l’« éthique », le concret, le réel…

Nous sommes à la recherche d’un anarchisme qui se salit les mains, qui nous maintient éveillé.e.s et toujours sur nos gardes (contrairement à toute autosatisfaction) ; cet anarchisme qui ne plaît pas et qui dérange les serviteurs de l’État, qui n’épargnent pas leurs efforts pour nous emprisonner.

Ce n’est pas facile d’aller d’un endroit à un autre. C’est d’autant plus difficile avec notre fille, cette petite beauté qu’on a appelée Iraultza, et avec une compagnonne canine qu’on renoncera jamais à amener avec nous, puisqu’elle fait partie intégrante de notre clan.

Apparemment, l’État espagnol n’a pas encore renoncé à vouloir m’emprisonner, à cause d’une peine qui me reste à purger, et qui existe seulement dans son esprit pourri et dans ses papiers de merde.

Ceci étant, nous avons décidé de vivre dans l’ombre, en apportant notre modeste contribution invisible à tous ces projets qui ont de l’intérêt pour nous et dont nous nous sentons complices.

Nous exprimons toute notre solidarité subversive avec les compagnon.ne.s dignes en procès en Italie et dans le monde entier. Nous n’avons aucune déclaration à faire dans les salles des tribunaux, parce que nous chions sur leurs théâtres et leurs mascarades, leurs accusations et leurs acquittements.

La meilleure façon de propager l’Anarchie est de la vivre intensément, et non de la représenter. Mascarades et comédies ne nous vont pas.

Il n’y aura plus de « communiqué » de la part de notre clan : nous sommes libres et nous sommes dangereux.ses.

Pour l’Anarchie !

Le clan nomade-anarchiste
Elisa-Gabriel-Iraultza et la quadrupède

 

[Traduit de l’espagnol de Contramadriz, Marzo 15, 2019]

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