Anti-G20 : Récit des deux premières journées du procès en appel de Peike, compagnon incarcéré à Hambourg – 9 et 16 février 2018

Voici le compte-rendu des deux premières journées de procès en appel de Peike, compagnon hollandais ayant été condamné le 28 août 2017 en première instance à 2 ans et 7 mois de prison ferme. Il est accusé d’avoir jeté des bouteilles sur les flics lors de la journée du 6 juillet à Hambourg, lors des émeutes contre le sommet du G20. Ces comptes-rendu ont été traduits de l’anglais de freepeike.noblogs.org

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18 février 2018

Vendredi 16 février, le deuxième jour de procès en appel de Peike a eu lieu. Le compte-rendu qui manquait au dossier lors de la première journée d’audience a depuis été ajouté, et le juge avait donc l’intention d’entendre le témoin Koslik. Toutefois, en plus de ce court récit, d’autres documents, à partir desquels c’est devenu une évidence que les déclarations de Koslik ne reposaient pas uniquement sur ses propres souvenirs et ses propres observations, sont également apparus. Lors d’un échange de mails entre Koslik et un de ses collègues des services de police d’Hambourg, Koslik est invité à écrire le compte-rendu. Sous l’apparence de « au cas où vous ne pouvez pas vous souvenir préciséement des événements… », il est précisé dans ce même courriel ce qu’il a soit-disant fait ce jour-là, où et quand. En d’autres termes, la lettre de Koslik a été rédigé (presque mot pour mot) par un flic de Hambourg.

En réponse à cela, la défense a demandé à ce que les déclarations de Koslik soient déclarées irrecevables. De plus, elle a exigé la libération immédiate de Peike, étant donné que sa condamnation précédente reposait entièrement sur les déclarations de ce flic désormais compromises. Le procureur a « répliqué » que les informations contenues dans le mail n’avaient pas été ajoutées dans le but d’influencer les déclarations de Koslik, mais que la description détaillée des événements était seulement nécessaire pour communiquer à Koslik l’incident du G20 qu’il était censé établir dans le rapport.

Après une série de pauses, et malgré l’absence de tout type de témoignages datant d’avant ce fameux échange de mails avec la police de Hambourg, la juge a décidé de ne pas se conformer aux demandes formulées par la défense. Elle a jugé que l’échange de mails n’avait pas assez de poids pour réfuter les témoignages des flics, et encore moins pour libérer Peike. La défense est sommée de trouver davantage de pièces à charge pour prouver au tribunal que la police ment, ce qui est une évidence.

Pour l’instant, Peike reste en taule et demeure une menace pour la société, jusqu’à ce que cette preuve soit présenté devant le tribunal. […]


17 février 2018

Puisque le procureur n’est pas en mesure d’assister à la prochaine journée de procès du 5 mars, cette journée est annulée. Lors de l’audience du 16 février [voir ci-dessus], le juge a prévu de nouvelles journées d’audience, dont nombre d’entre elles seront très courtes (9h-11h, 9h-12h…). Les nouvelles dates sont les 9, 20, 21, 23 et mars 2018, ainsi que les 3, 5, 19, 25 et 26 avril 2018. Toutes les mises-à-jour sont dsiponibles sur le blog freepeike


12 février 2018

Vendredi 9 février a eu lieu le premier jour d’audience devant le tribunal supérieur dans l’affaire de Peike. Près de 30 personnes se sont déplacé depuis Amsterdam au tribunal d’Hambourg pour soutenir Peike, et un groupe important de compagnons allemands était également présent au procès. Devant le tribunal, il y avait du café, de la musique et un petit-déjeuner organisé par le groupe allemand de soutien anti-G20. A l’intérieur, le public a été « accueilli » par la police anti-émeute. Pendant le procès, deux flics de Berlin (Koslik et Marx) ont été entendus en tant que témoins. Globalement, la journée s’est écoulée lentement et s’est composée d’interruptions la plupart du temps, puisque ni Koslik ni Marx n’avait de déclaration de leur patron indiquant ce qu’ils pouvaient dire ou non. Après la pause déjeuner, le juge a commencé à interroger Koslik qui, dans le premier cas, a déclaré avoir vu Peike jeté deux bouteilles. Le coompte-rendu que Marx (le flic qui prétend avoir été touché par les bouteilles, et qui a probablement finalisé l’arrestation) a inventé après l’arrestation n’était pourtant pas dans le dossier, alors que le témoignage de Koslik reposait sur ce document.

Après cela, la défense a interrogé Koslik, qui a répondu pratiquement à toutes les questions concernant le 6 juillet (jour de l’arrestation de Peike), en déclarant qu’il ne s’en souvenait pas. Les questions concernant l’agent avec qui il travaillait à ce moment-là, l’endroit où l’arrestation avait eu lieu et comment elle s’était déroulée, la personne qui avait amené Peike au commissariat, s’il avait reçu un ordre d’arrestation, ce qu’il avait fait après l’arrestation pour le reste de la journée et quand sa journée de travail s’était terminée, sont toutes restées sans réponse. De plus, la déclaration de Koslik au sujet de la silhouette du lanceur de bouteilles avait également changé: auparavant, dans sa déposition initiale, il avait affirmé que le lanceur avait des dreadlocks, alors qu’il a affirmé lors de l’audience avoir vu un homme avec des cheveux longs (lisses) et une barbe.

En raison des nombreuses interruptions pour corriger les erreurs formelles, Marx n’a pas été entendu en tant que témoin ce 9 février et l’audition de Koslik n’a pas non plus eu lieu à la fin du procès. La prochaine audience au tribunal le 16 février commencera par ça, et donc Marx sera lui aussi entendu.

Après le 16 février, quatre dates d’audience sont prévues, les 5 et 20 mars, ainsi que les 5 et 26 avril. Peike était visiblement content de voir toutes les personnes venus le soutenir, donc si vous pouviez venir aux prochaines sessions, ce serait très apprécié !

Banderoles accrochées à Amsterdam, février 2018

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